vendredi 21 avril 2017

La vengeance d'Eva

Eva, étudiante à Moscou, rentre chez elle et découvre son petit ami, Sacha, gisant dans une mare de sang. Le jeune homme pousse son dernier soupir dans ses bras. Sacha travaillait à l'élaboration de médicaments contre le cancer et Eva est persuadée que son plus proche collaborateur, Georges, est responsable de sa mort. Mais le Français est introuvable...
Eva quitte la Russie pour Biarritz où vit le fils de Georges, Max, et se fait embaucher dans l'entreprise de ce dernier. Alors qu'elle s'immisce petit à petit dans sa vie, Eva tombe sous le charme. L'amour et la vengeance sont-ils compatibles? 


J'avoue, la première raison pour laquelle j'ai acheté ce livre, c'est pour la Russie. La Russie m'attire voyez-vous donc je n'ai pas pu résister. 
Nous voici à Moscou où Eva, qui rentre de son travail de danseuse légèrement dénudée, trouve son petit-ami Sacha, se vidant de son sang. 
Un an et demi plus tard, Eva s'échappe de l'appartement haut standing de Max, une poupée matriochka dans les mains. 
Max découvre qu'elle travaille à la section traduction de son entreprise et décide de lui donner une promotion afin de l'avoir à l'oeil. Propulsée au rang très prisé d'assistante de direction sans avoir rien demandé, elle va pouvoir plus facilement exécuter son plan, à savoir : comprendre et venger la mort de Sacha. 

Le titre de ce roman est très explicite : la vengeance. Pourtant, en lisant cette histoire, ce n'est pas ce que j'en ai retenu. Dans la majorité du roman, il s'agit de comprendre pourquoi Sacha est mort. Alors oui dans son esprit, elle veut se venger mais elle ne sait pas trop de quoi et contre qui exercer sa vengeance. Il s'agit plutôt pour ma part, d'une enquête sur les circonstances de la mort de son petit-ami, enquête personnelle qui va relier les personnages de Sacha, Max et Georges, le père de Max. Il y a aussi beaucoup de romance. Eva est belle  naturellement et suscite bien des convoitises. Max, même s'il se méfie d'elle et de ses intentions, va succomber vite fait à ses charmes. Alex, l'associé de Max, n'est pas en reste non plus et trouve aussi un léger penchant pour les russes...

L'enquête sur les raisons de l'assassinat de Sacha amène sur un sujet fort intéressant : une recherche sur un traitement du cancer, rien que ça. Sujet qui tenait à coeur au père de Max, il y a consacré toute sa vie. Est-il lui aussi mort à cause de cela? 

On tourne quand même pas mal autour du pot. Eva n'est pas prête à se confier et chacun fait un peu son enquête de son côté. Finalement, on en apprend plus grâce à Max qui souhaite en savoir plus sur Eva que ce qu'elle ne veut bien lui dire. 

En ce qui concerne les personnages, ils manquent un peu d'envergure. Trop gentils, trop beaux, trop intelligents. Ils n'ont pour ainsi dire pas de zone d'ombre. Max est un patron formidable qui traite bien ses employés. Il est beau et riche, un parti très intéressant...même en quittant sa compagne de longue date, il reste sympa. Alex pourrait être le personnage "mauvais garçon" mais non, il est lui aussi beau et gentil et en plus, il recherche le grand amour! Eva est belle et en plus, elle est intelligente, il serait stupide de tomber dans le cliché de la blonde sans cervelle...Des personnages sympas mais vraiment trop lisses et qui ont un léger penchant pour l'auto-apitoiement.  

Mis à part ça l'intrigue est bonne, très bonne même! Il aurait été super intéressant de se pencher encore plus précisément sur l'étude de Georges car c'est un très bon sujet. 
Et puis bien sûr, j'ai aimé ces quelques petites balades en Russie...

Mes réflexions sur ce roman sont faites avec le recul. N'ayez crainte, sur le moment, c'était une lecture vraiment agréable. 

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2017, Catégorie 8 : Un livre qui raconte l'histoire d'une vengeance.

Et du challenge 1 pavé par mois (473 pages)




mardi 18 avril 2017

J'ai toujours cette musique dans la tête

Yanis et Véra ont la petite quarantaine et tout pour être heureux. Ils s'aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Seulement voilà, Yanis, talentueux autodidacte dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse LE chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par Tristan, un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin.

Mais la vie, qui semblait devenir un rêve éveillé, va soudain prendre une tournure plus sombre. Yanis saura-t-il échapper à une spirale infernal sans emporter Véra? Son couple résistera-t-il aux ambitions de leur entourage?


J'attends toujours avec impatience les nouveaux romans d'Agnès Martin - Lugand. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, vu que le précédent m'avait déçue, j'espérais beaucoup mieux c'est sûr. Pari gagné avec cette nouvelle histoire et ces nouveaux personnages.

Yanis et Véra sont fous amoureux malgré trois enfants et plusieurs années de mariage derrière eux. Ils habitent dans un bel appartement parisien qu'ils ont refait à leur goût, Yanis travaillant dans un cabinet d'architecte. Ils ont une belle vie, simple mais tellement heureuse. Ils ont la recette pour faire du quotidien et de la routine des moments précieux : préparer le petit déjeuner, lire des histoires aux enfants, donner un baiser avant de refermer la porte...On sent l'amour et la joie de vivre.

Mais Yanis en a marre de son boulot. Avec Luc, son patron et son beau-frère, qui ne lui laisse rien faire, il a besoin d'air. Il aimerait exprimer toute sa créativité mais celle-ci est étouffée par la froideur et les critiques de Luc. Et puis, il rencontre Tristan. Tristan veut absolument travailler avec Yanis et lui offre son rêve sur un plateau : monter son entreprise. Alors que Véra se montre méfiante au début face à cet ange gardien tombé du ciel, elle s'engouffre avec Yanis dans leur tout nouveau bonheur. 

Une histoire qui peut paraître banale oui...mais c'est ce qui nous rapproche encore plus de cette histoire et de Yanis et Véra. On pourrait tous être Yanis et Véra.
Véra, assumant le quotidien avec ses trois enfants, le ménage, les courses et son travail dans une agence de voyages. Sans oublier de prendre du temps pour elle de temps en temps c'est-à-dire, déjeuner avec sa meilleure amie Charlotte tous les Mardi. Véra, passionnément amoureuse de son mari, le désirant toujours autant malgré les années, l'admirant et le soutenant en toutes occasions.
Yanis, aimant par-dessus tout sa famille, est celui qui égaye le quotidien de tout le monde en improvisant par exemple un week-end au bord de la mer. Toujours souriant et heureux d'être avec ceux qu'ils aiment, il rêve pour autant d'un travail plus enrichissant et plus glorifiant. Mais Yanis manque cruellement de confiance en lui, c'est ce qui lui fait défaut. Alors quand Tristan débarque dans sa vie et lui vante toutes ses qualités...

Alors que dans son dernier roman, les personnages m'avaient moyennement inspirée, ici, je les ai adoré. C'est monsieur et madame Tout le monde "en mieux". Ce sont des gens simples avec une vie tout à fait normale. Ils pourraient être nos potes, on s'inviterait le samedi soir et nos enfants joueraient ensemble...
La force de ce roman sont donc les personnages et ce qui les unit. On a l'impression que leur couple est d'acier et que rien ne peut les détruire. C'est d'ailleurs ce que nous pensons tous dans notre propre vie, sinon à quoi bon s'engager dans un mariage?  Or, le destin va se charger de les éprouver et pas qu'un peu. Malgré leur amour et leur attachement, ils vont devoir endurer beaucoup de sentiments mélangés. Vont - ils parvenir à surmonter ce qui les attend?

Le petit plus : le personnage de Tristan. On sait dès le début qu'il y a un truc qui cloche puisque le roman commence avec lui. Ce qu'on ne sait pas, c'est où veut-il en venir? Il pourrait paraître un peu moins proche de la réalité que les autres mais ne nous voilons pas la face, ce genre d'êtres humains existent malheureusement.

Dans ce roman, il y a : de l'amour, de l'amitié, des enfants qui crient et qui se chamaillent, une maman qui court après le temps, une maman heureuse, un papa foufou, une maman fatiguée, des enfants qui rient, des enfants qui pleurent, du bonheur, des désillusions, des vies qui partent en vrille, des vacances à la mer, un papa qu'on ne voit plus, des rêves qui se réalisent (ou pas), des questionnements sur le couple, sur les rêves, sur la vie...

Filez vite lire ce dernier roman d'Agnès Martin-Lugand. J'étais au bord du coup de coeur.

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2017, Catégorie 32 : Un livre publié cette année.


mardi 11 avril 2017

Les heures lointaines

Lorsqu'elle reçoit une lettre avec cinquante ans de retard, Meredith Burchill plonge dans un passé oublié. Elle se souvient de ce mois de Septembre 1939 où elle a été évacuée de Londres et envoyée chez des aristocrates du Kent.Elle se souvient, mais ne veut pas en parler.
Décidée à en savoir davantage, Edith, sa fille, se rend dans le Kent, au château de Milderhust, cette étrange demeure pleine de portes condamnées et de passages secrets...


Edie Burchill travaille dans l'édition. Passionnée par la littérature, son envie de lire a débuté avec la lecture d'un classique anglais : La véridique histoire de l'homme de boue de Raymond Blythe. Sans s'en rendre compte, la voiture qu'elle conduit va l'emmener tout droit vers Milderhust Castle, la demeure ou à vécu l'auteur et où séjournent encore ses filles devenues vieilles dames. Edie va faire la connaissance de Percy, Saffy et Juniper, toutes plus mystérieuses les unes que les autres tout comme cette grande demeure qui cache de lourds secrets. Lorsque Juniper Blythe prononce le prénom de la mère d'Edie, Meredith, c'est le début de la quête d'Edie : celle de la vérité. 

Troisième roman que je lis de cette auteure et tous ont la même structure, le même mode de fonctionnement. Une enquête dans le présent, des bonds de plusieurs années en arrière, des secrets qui remontent à la surface, des fils qui se dénouent peu à peu...Je commence fortement à apprécier cette constance. Loin de m'en lasser, j'aime tous ces points communs entre ses romans : les sauts dans le passé, les retours dans le présent, le fait qu'il y ait toujours un personnage "écrivain", la tantôt jolie puis sombre campagne anglaise...Ces romans présentent beaucoup d'attraits.
Passant d'une année à une autre, on traverse les époques en démêlant les secrets qui traînent autour de la famille Blythe. On fait des suppositions, on émet des hypothèses, le plus souvent on se trompe. On est aussi perdus qu'Edie dans ce terrible sac de noeuds! Mais on a autant envie qu'elle de savoir où se situe le vrai du faux. On apprécie sa discrétion, son respect et son humilité. 

Venons en à l'histoire et aux personnages :
Edie Burchill : fille de Meredith. Elle travaille dans l'édition et surprend sa mère totalement troublée par une lettre débarquant d'une autre époque. Piquée par la curiosité mais entretenant une relation plutôt distante avec sa mère, elle a plus de questions que de réponses. Fraîchement célibataire, intelligente et plutôt réservée, passionnée par Raymond Blythe, son coeur et sa tête l'emmènent droit vers le château de Midlehurst.
Meredith : mère d'Edie, elle a été une enfant évacuée de Londres pendant la seconde guerre mondiale. Recueillie par les soeurs Blythe, elle a séjourné un moment au château et Juniper fut la meilleure amie qu'elle ait jamais eue.
Percy Blythe : femme de caractère, très attachée au château, elle ne l'a jamais quitté et a d'ailleurs tout fait pour le conserver. Sa mission principale fut de protéger ses deux soeurs et notamment leurs secrets.
Saffy Blythe : jumelle de Percy. Malgré ses ambitions et ses rêves de jeunesse, elle fut contrainte de rester vivre au château. Se reposant le plus souvent sur sa soeur Percy, la plus forte, elle a néanmoins son petit caractère et avant tout, elle voue une affection débordante pour sa jeune soeur Juniper.
Juniper Blythe : la plus jeune des trois soeurs et aussi la plus mystérieuse. Belle, intelligente, spontanée mais lunatique et fragile, Juniper est difficile à cerner et à approcher. Elle passera elle aussi toute sa vie au château depuis ce jour où son fiancé n'est jamais venu la rejoindre et où elle a sombré dans la folie.
Thomas Cavill : ancien instituteur de Meredith, soldat de la seconde guerre mondiale et futur mari de Juniper, il a disparu le soir où il devait être présenté à Percy et Saffy Blythe.
Raymond Blythe : grand écrivain, papa adoré de ses filles, il vécut pourtant les dernières années de sa vie enfermé dans tour, poursuivi par ses démons. 


C'est une bien triste histoire au final mais contrairement à L'enfant du lac, je n'ai pas été déçue par la fin.

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2017, Catégorie 33, Un livre écrit par une femme.

et dans le cadre du Challenge 1 pavé par mois (832 pages)




De pourpre et de soie

Londres, 1939. Quand Ada commence à travailler au sein d'un atelier de mode de Dover Street, la belle jeune femme rêve d'une carriè...