lundi 16 avril 2018

La traversée du paradis


1920. A l’heure où Lénine et les Bolcheviks font régner la Terreur rouge, l’espion français Charles Hirscheim, devenu l’espion allemand Gustav Lerner, est envoyé en mission en Russie. Il s’y fait passer pour un communiste. Il est en réalité à la recherche de la femme qu’il aime, Tamara, jeune danseuse de cabaret qu’il a rencontrée à Berlin et qui a mystérieusement disparu du jour au lendemain…

Dans ce grand roman d’amour et d’aventures, Antoine Rault raconte le destin de personnages inoubliables, Allemands, Russes et Français, à travers lesquels il dresse le portrait de toute une époque : celle de l’Europe des années vingt bouleversée par la guerre et la Révolution communiste


J'avais eu un coup de coeur pour La danse des vivants, j'ai retrouvé non sans émotion le personnage de Charles/Gustav. 
Charles alias Gustav (ou Gustav alias Charles) décide de quitter l'espionnage et s'installe chez Mona, la mère de Gustav. Elle sait que l'homme qui est arrivé chez elle n'est pas son fils mais peu importe, elle décide de s'occuper de lui comme s'il était de son propre sang. 
Pendant un moment, Charles fait semblant: une petite vie tranquille dans une petite ville, une maison douillette, un travail honnête...mais son destin le rattrape...Les Allemands l'embarquent et lui lancent un ultimatum: soit il redevient un espion pour l'Allemagne, soit il est fusillé pour trahison. Charles  résiste. Seul Dieter réussit à la faire changer d'avis: ayant écrit une fausse lettre signée de Tamara, le grand amour de Charles, qui le prie de venir le rejoindre en Russie. Bouleversé, Charles va risquer sa vie pour rejoindre sa bien-aimée.
De son côté, Tamara est retournée en Russie après son séjour à Berlin, pour retrouver sa famille et en particulier sa fille, Sonia. Mais lorsqu'elle arrive là-bas, elle va de désillusion en désillusion. Petrograd est devenue une ville morte, souffrante, sale. Le communisme  a détruit sa jolie ville et tous ses habitants... Bien sûr, elle n'a jamais écrit à Charles, qui pour elle est Gustav, et, même si elle pense de temps en temps à lui, il n'est qu'une tendre histoire appartenant au passé...
Charles part donc avec Dieter et Pavel en Russie, infiltrer le Parti communiste. La seule ambition de Charles est de retrouver Tamara (tout comme celle de Pavel, d'origine russe, est de retrouver sa famille) et c'est aidé de ses deux nouveaux amis qu'il part à sa recherche. 

Ce roman est assez différent de La danse des vivants: j'en ressors disons, un peu plus calme! Il est plus doux, tranquille...un peu moins palpitant et intriguant: la fin est beaucoup plus prévisible. 
L'Histoire russe et le communisme y sont très bien décrit: d'ailleurs, on se rend compte à quel point tout un chacun pouvait se laisser berner par les belles paroles communistes. Ce monde idéal, où tous les hommes (et femmes!) sont égaux, une société de droits où on ne paie rien. Moi aussi, je signe tout de suite! Oui, on peut comprendre tous ces gens qui ont cru en cette grande utopie, surtout après une guerre sanglante. Ce que l'on comprend moins, en revanche, c'est le fait de tuer des gens sous le couvert du communisme. La terreur plane, la Tchéka veille. 
Oui, malgré les apparitions de Lénine et d'autres noms bien connus (comme Trotski entre autres), malgré l'ancrage réel dans l'Histoire, on suit la quête d'amour de Charles et non l'espionnage du camp ennemi. Tout est tourné sur la recherche de Tamara et l'espoir de la retrouver. Je ne dis pas que ça ne m'ai pas plu, au contraire, mais je m'attendais tout de même au frisson de l'espionnage. Cependant, on n'est pas au bout de nos surprises et il ne s'agit pas non plus d'une romance. J'ai réactualisé quelques bribes de l'histoire russe et appris quelques détails aussi sur le communisme (c'est bien car je ne suis pas très calée en politique). 

Un pari encore réussi pour Antoine Rault qui mêle l'Histoire et le roman d'une main de maître. 

Merci à Babelio et aux Editions Albin Michel pour l'envoi de livre (et merci à Antoine Rault pour ces romans brillants). 

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois (568 pages)


dimanche 4 mars 2018

Le sang versé

À 145 kilomètres du cercle polaire, dans l'atmosphère crépusculaire du Grand Nord, un petit village aux environs de Kiruna, ville natale de l'avocate fiscaliste Rebecka Martinsson, est sous le choc: le pasteur de la paroisse-une femme- vient d'être assassiné. Son corps a été sauvagement mutilé et pendu à l'orgue de l'église. Après un long congé maladie, Rebecka, en mission là-bas pour son cabinet d'avocats, remonte la piste de cette affaire qui réveille le souvenir traumatisant d'un autre meurtre, celui d'un pasteur également, un an plus tôt.


Un livre depuis longtemps dans ma PAL, enfin sorti. S'il est resté longtemps à attendre son heure, ce n'est finalement pas un hasard. Peut-être une intuition?

Oui parce que bon...l'histoire n'est pas mal. Pas mal du tout même. Un meurtre assez horrible je dois dire, qui plus est sur une servante de Dieu. Pas le moindre indice pour les enquêteurs, Anna-Maria et Sven-Erik. Jusqu'à ce que Rebecka Martinsson, une avocate dépressive leur apporte un début de piste. Rebecka, un personnage plutôt énigmatique et un peu agaçante. J'ai eu un peu l'impression d'avoir affaire à une personne qui se plaint tout le temps, qui n'est jamais contente, etc...À l'opposé du genre de personnes que j'aime côtoyer. Oui, d'accord, quand on est en pleine déprime on n'est pas très joyeux, c'est sûr. Ce n'est pas que je manque d'empathie, non pas du tout...
De plus, je me suis un peu demandée ce qu'elle faisait là. Mis à part avoir donné un indice aux enquêteurs, elle n'apporte pas grand chose à l'histoire. Par-contre, j'ai bien aimé sa relation avec Manne, un jeune garçon handicapé. Leur relation était assez touchante, comme une espèce de thérapie l'un pour l'autre.

Pour ce qui est de la femme pasteure assassinée, Mildred, une bonne personne, qui a voulu tout chambouler (en bien) dans le petit village. Ce qui évidemment, n'a pas plus à tout le monde. Du coup, des ennemis, elle s'en ai fait plein! Mais qui est le coupable? Pas facile à deviner sauf quand on se penche sur tous les différents personnages qui interviennent et qu'on observe ceux qui reviennent le plus souvent.

Entre quelques chapitres, on trouve l'histoire d'une louve Gula Ben. Non, ça ne vient pas comme ça, de nulle part, il y a effectivement une histoire d'association de lutte pour la protection des loups dans la région. Je dois dire que si ces petits chapitres de Gula Ben n'apparaissaient pas, ça ne m'aurait pas dérangé.

L'atmosphère est glaciale (un peu comme en ce moment dans les régions de France) et on ressent ce froid tout du long. Il est facile de s'imaginer les paysages et on se d'autant mieux, bien installés sous notre couette.

En résumé, rien de bien transcendant. Je n'ai pas été fan de cette enquête, ni des personnages.

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar


vendredi 2 mars 2018

Le violoniste

Moscou, 1948. Alors que le célèbre violoniste Ilia Grenko quitte la salle sous un tonnerre d'applaudissements, son Stradivarius à la main, il est arrêté par le KGB, sans comprendre ce qu'on lui reproche. Après des jours de privations, d'humiliations et d'interrogatoires, Ilia signe des aveux absurdes qui le condamnent à vingt ans de goulag. Sa famille est envoyée en exil. Et son violon, d'une valeur inestimable, disparaît à jamais. 
Deux générations plus tard, Sacha, le petit-fils d'Ilia, se met en quête du Stradivarius et découvre l'histoire de sa famille, broyée par le régime totalitaire et ses hommes de main, indifférents à toute dignité humaine. 


Sacha ne sait pas ce qui l'attend quand il décide de prendre l'avion suite à l'appel de sa soeur qu'il n'a pas vue depuis presque vingt ans. Et nous non plus. À vrai dire, ces passages se passant à l'époque "d'aujourd'hui" sont les moins intéressants. Ils ne servent qu'à faire le lien entre le présent et le passé. Car Sacha va, malgré lui, se mettre dans une recherche effrénée du fameux Stradivarius de son grand-père. Je ne parlerai pas de ces épisodes sur les recherches de Sacha et son aboutissement car pour moi, tout est un peu trop "gros" et facile.

En revanche, j'ai été passionnée par l'histoire des grands-parents de Sacha. Ilia, son grand-père, célèbre violoniste, et Galina, sa grand-mère. Comme le dit la quatrième, Ilia a été arrêté par le KGB et envoyé au goulag. Il pense que ses faux aveux ont mis sa femme et ses enfants à l'abri. Or, Galina est envoyé en exil et doit se battre pour sa survie, tout comme Ilia dont la vie est devenue un enfer. Personne ne sait, y compris sa femme, qu'il est emprisonné. Tout le monde le croit parti mener la belle vie à l'étranger, abandonnant femme et enfants. Cela doit être la même chose pour cet autre musicien qu'il croise aux abords de la cantine, amaigri, les yeux fous... Galina a du mal à croire qu'Ilia ait pu les laisser mais elle finit par se résigner: elle n'a aucune nouvelle de son mari. Elle tente de s'adapter à sa nouvelle vie, travaillant dur pour espérer de quoi avoir à manger et se chauffer. Dans son malheur, elle rencontre Lydia et Aivars, de précieux amis avec qui elle va peu à peu se reconstruire. Ilia est toujours dans son coeur, malgré sa trahison.

Beaucoup d'émotions m'ont traversées pendant cette lecture. J'ai presque pleuré lors de la lecture de la lettre d'Ilia à sa femme, qu'il a pu faire passé un jour hors du goulag. Toutes ces souffrances, cet amour que l'auteure a si bien transcrit. L'amour d'Ilia pour sa famille, mais aussi pour la musique. Sa passion pour le violon devient peu à peu un vague souvenir. La perte de deux de ses doigts lui fait prendre conscience que son ancienne vie est définitivement terminée. Il ne reverra plus jamais sa famille, il ne jouera plus jamais de violon. Mais une chose est sûre, son instrument, qu'on lui a pris pendant son arrestation, doit revenir à sa famille. Dans sa lettre, il charge Galina de retrouver son Stradivarius. Celle-ci n'a pas réussi à satisfaire cette dernière volonté, ses enfants, Pavel et Ossip, non plus. Ils sont décédés tous les deux brutalement, dans des accidents. Mais étaient-ce vraiment des accidents. C'est étrange les coïncidences entre les accidents et les recherches parallèles menées pour retrouver le violon. Et si quelqu'un s'arrangeait pour que personne ne retrouve le fameux Stradivarius?

Un roman court, passionnant et bouleversant.

Lu dans le cadre du challenge Thriller et polar




dimanche 18 février 2018

Comme le cristal

Il y a plus de vingt ans, ils se sont embrassés. Un unique baiser dont Ada ne se souvient pas et dont Franz ne s'est jamais remis. Ils écoutaient Powerslave et Franz portait son T-shirt Iron Maiden.
Depuis, chacun a fait sa vie dans ce petit coin d'Eure-et-Loir. Ada est devenue responsable du rayon Sous-vêtements féminins d'Intermarché, Franz fabrique du miel et vit en misanthrope. La soeur de Franz, Lisette, qui se blottissait avec lui autrefois sur le canapé familial pour regarder San Ku Kaï, tient une maison d'hôtes et rédige des notices pour une agence immobilière et un pépiniériste. 
Quand un jour le canapé de leur enfance réapparaît mystérieusement, c'est signe pour Ada, Lisette et Franz qu'une nouvelle ère vient de s'ouvrir, celle du partage de sentiments. 


J'ai reçu ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio. Cela faisait longtemps que je n'y avais pas participé et je suis ravie de m'y être réinscrite. 
À vrai dire, lorsque j'ai choisi ce livre parmi la sélection, je ne m'attendais pas vraiment à ce que j'ai lu. Je m'étais fait une représentation complètement différente de l'histoire. 
Sur la quatrième de couverture, en plus du "résumé", on peut lire: "[...] ce roman tendre et étrange. La simplicité de ses personnages, de leur vie, de leur passé, de leurs espoirs se lie admirablement avec les enjeux éperdus de l'amour". Tout ceci est vrai.
Nous ne sommes pas dans une histoire rocambolesque où il arrive mille et une péripéties. En fait, il ne se passe rien. Ils vivent leur vie et nous les suivons dans le récit d'une période de leur existence. 
La simplicité des personnages: oui dans la mesure où ce sont des gens "comme nous", qui se trouvent confrontés à des problèmes et des sentiments que nous connaissons bien. Nous pourrions vivre la même chose. 
Le personnage de Franz est sans doute le plus éloigné de notre univers. C'est un loup solitaire qui ne se prend pas la tête. Il vit dans sa petite maison sans chichis, il exerce un métier qui lui plaît, sa distraction principale est de faire du bénévolat à la SPA. A priori, il a l'air bizarre. D'ailleurs, le récit de son passé en dit long sur son état psychologique...
Lisette, la soeur de Franz, c'est le personnage sympa, c'est un peu notre copine. Sa vie est simple aussi mais elle apporte un peu de rêve: sa grande maison avec une piscine, sa vie un peu plus confortable que la moyenne et ses tenues blanches qui ont quelque chose de féérique.
Ada est carrément antipathique. Elle considère ses cousins comme des "ploucs" et des moins que rien, presque des "simplets". Pour elle, la vraie valeur des gens, c'est le travail, le travail, le travail...Il faut dire que l'éducation qu'elle a reçue n'y est pas pour rien.
Et puis il y a Anne-Céline, la jardinière de Lisette. Je crois que c'est ma préférée. Elle n'intervient pas beaucoup mais elle égaye le quotidien. Elle est drôle, sans le vouloir, et un apporte une note de fraîcheur et de joie. 
Et enfin, Gretchen, la "spéciale". Je l'ai souvent détestée dans son rôle de mère maltraitante. J'ai été indignée de son comportement inadéquat avec son fils. Ce personnage est celui qui va le plus évolué psychologiquement, fort heureusement. 
Des personnages tous différents...avec un point commun: l'amour. Franz, qui rêve d'Ada, Lisette qui n'ose pas téléphoné à l'homme pour qui elle a changé sa garde-robe, Ada qui trouve des signes partout pour lui prouver qu'elle est destinée au pharmacien, Gretchen qui met du temps à comprendre que l'homme qu'elle voit est une véritable calamité et Anne-Céline, heureuse avec son vendeur de saucissons. C'est d'ailleurs dans leur rapport à l'amour qu'on peut s'y retrouver. On a tous quinze ans quand on aime, un peu gauches et débiles. 
Et puis il y a le canapé. Grande importance que ce canapé bleu: d'ailleurs il prend toute la couverture. Et c'est là toute l'étrangeté du roman: un canapé qui arrive tout seul au bord de la route et qui disparaît tout aussi étrangement. Personnellement, ça m'a dérangé. Cette touche d'irréel dans ce monde si réaliste, le paradoxe était trop grand. 
Je n'ai pas été transportée par ce roman, loin de là. Je me suis même parfois ennuyée un peu. Parce que même si tout y est simple, je n'ai pas réussi à accrocher avec la majorité des personnages. Le contact ne s'est pas établi. Dommage...

Merci à Babelio et aux Editions Le serpent à plumes pour l'envoi de ce livre. 

dimanche 11 février 2018

Un appartement à Paris

Paris, un atelier d'artiste caché au fond d'une allée verdoyante. Madeline l'a loué pour s'y reposer et s'isoler. À la suite d'une méprise, cette jeune flic londonienne y voit débarquer Gaspard, un écrivain mysanthrope venu des États-Unis pour écrire dans la solitude. Ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelques jours.
L'atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz et respire encore sa passion des couleurs et de la lumière. Terrassé par l'assassinat de son petit garçon, Lorenz est mort un an auparavant, laissant derrière lui trois tableaux, aujourd'hui disparus. Fascinés par son génie, intrigués par son destin funeste, Madeline et Gaspard décident d'unir leur forces afin de retrouver ces toiles réputées extraordinaires.
Mais, pour percer le véritable secret de Sean Lorenz, ils vont devoir affronter leurs propres démons dans une enquête tragique qui les changera à jamais. 


Il fut un temps, dans ma jeunesse, où j'étais fan de Guillaume Musso. Et puis un jour, la passion s'affaiblit...jusqu'au au moment où j'ai renoué en lisant notamment Central Park ou encore L'instant présent. C'était reparti comme en 14, ou presque... Ni une ni deux, j'ai commandé celui-ci. Et puis le thème me plaisait, j'aime beaucoup l'art et la peinture alors il avait tout pour plaire.

Je suis vite redescendue de mon nuage.
La nana dépressive qui part en voyage à Paris pour fuir sa vie ratée et l'écrivain sauvage qui cherche l'inspiration...ou comment tomber dans les clichés. En plus, ils louent le même appartement, comme par hasard, à la suite d'une erreur de l'agence. D'une part, ce n'est pas très recherché et puis, on sait bien comment tout cela va finir...non?
Cela m'a un peu gâché l'histoire qu'il y a derrière tout cela, à savoir la recherche des toiles disparues du célèbre peintre Sean Lorenz et l'énigme autour de la mort ou pseudo-mort de son petit garçon.
Finalement, je me suis étrangement ennuyée et j'étais grandement déçue. Je le suis d'ailleurs toujours...j'ai comme l'impression d'avoir regardé un téléfilm sur TF1 un jour d'arrêt maladie...

Ainsi s'achèvera cette chronique un peu courte mais pour moi suffisante, pour ce que j'en ai à dire.
J'attends une bonne surprise pour le prochain!

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois (464 pages)


Et du challenge Thriller et polar


mardi 23 janvier 2018

Les fleurs de l'ombre

"Ceci n'est pas l'histoire d'une petite fille qui disparaît. C'est l'histoire d'une petite fille qui réapparaît...Sur la jetée d'un front de mer, un sac à main serré contre elle. À l'intérieur, une mystérieuse fleur noire. Pas de nom, pas d'identité, personne ne sait d'où elle vient. Tout ce qu'elle a, c'est une histoire terrifiante et dérangeante à raconter."

Telle est la trame de La fleur de l'ombre, un thriller écrit en 1991 par un certain Robert Wiseman, mystérieusement disparu depuis lors. Neil Dawson, dont le mère vient d'être retrouvé sans vie au pied d'un viaduc, apprend que celui-ci nourrissait une étrange obsession pour ce roman. Bientôt, il constate de troublantes similitudes entre les derniers jours de Robert Wiseman et ceux de son père. Pire encore, c'est peu à peu la réalité qui semble s'inspirer de l'abominable récit de La fleur de l'ombre. Et Neil ne tarde pas à se retrouver aux prises avec un psychopathe d'un genre très particulier.
Avec ce thriller d'une noirceur absolue, Steve Mosby multiplie les mises en abîme et entraîne le lecteur dans un formidable puzzle entre réalité et fiction. Outre l'intrigue, d'une densité rare, on y retrouve le style incomparable et la complexité de personnages terriblement humains qui ont fait le succès d'Un sur deux


Bon, je n'ai pas lu Un sur deux dont parle cette quatrième de couverture mais je pense que si l'occasion se présente, je le ferai car j'ai beaucoup apprécié cette lecture. Merci à la personne qui l'a déposé dans la boite à livres!

Neil Dawson vient d'apprendre une grande nouvelle, il va être papa! Mais ce n'était pas du tout prévu et il s'inspire de ses sentiments un peu confus pour écrire une nouvelle. Devenir écrivain, comme son père, reste un rêve et il ne manque pas l'occasion d'écrire dès qu'il trouve l'inspiration. Comme à son habitude, il envoie son écrit à son père pour avoir son avis. Mais cette fois, celui-ci ne lui répondra pas. Son cadavre est découvert près de la commune de Whitkirk, noyé. Il se serait suicidé.
Même si Neil a du mal y croire, il essaie de se faire une raison...mais en regardant d'un peu plus près les affaires de son père, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Tous ses rendez-vous quelques jours avant sa mort, son ordinateur portable qui a disparu et cette fleur noire trouvée dans les pages d'un roman. Son suicide devient invraisemblable.
Neil décide alors d'en savoir un peu plus, ce qui ne plaît pas à tout le monde.

Neil ne paye pas de mine, c'est "Monsieur tout le monde", ni un héros, ni un malheureux. Il mène une vie plutôt tranquille, même si devenir papa maintenant n'était pas une priorité. Il fait avec, c'est la vie. Et c'est bien malgré lui qu'il va pourtant essayer de devenir un héros, pour la future mère de son enfant. C'est donc un personnage plutôt sympathique, agréable et touchant.
Avec lui, on lit quelques extraits de La fleur de l'ombre, le roman qui traînait dans le bureau de son père. Un roman particulier avec une intrigue plutôt intéressante et qui va s'avérer capitale pour notre histoire. 
Simultanément, l'inspecteur Hannah Price, qui a découvert le corps de Christopher Dawson, commence elle aussi à s'interroger sur cet étrange suicide et va peu à peu assembler les pièces d'un puzzle incroyable et obscur. 

Ce roman est une grande réussite. On oscille entre "réalité" et fiction, réalité entre guillemets puisque bien évidemment, il s'agit d'une fiction dans une fiction. On entre dans Les fleurs des ombres en lisant La fleur de l'ombre. Trois histoires mêlées, celle de Neil Dawson, celle d'Hannah Price et celle de la petite fille de La fleur de l'ombre. On ne sait pas trop où cela va nous mener mais le suspense et l'envie de découvrir la vérité est telle qu'on a du mal à refermer le livre. On se ballade à travers les années et les personnages où les histoires de famille ont une place considérable. On sait plus ou moins qu'on va découvrir quelque chose d'assez glauque et quand on arrive vers la fin, il n'y a même plus vraiment de surprises mais l'important n'est pas là. Oui, l'important c'est que va-t-il arriver à Neil et Hannah? 

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar



dimanche 14 janvier 2018

Rompre le silence

En 1997, Robert Lubish vide la villa familiale à la suite du décès de son père, un riche industriel qui a fait fortune dans les années d'après-guerre. Parmi ses papiers, il trouve une carte d'identité SS au nom d'un inconnu et la photographie d'une très belle femme. Quel est le rapport avec son père? Lui, l'homme si parfait, si lisse, avait-il des secrets à cacher? Au fil de ses recherches, Robert sent qu'il a réveillé un démon assoupi depuis la guerre et que l'histoire de son père est bien plus trouble qu'il a toujours pensé.
Sans clichés ni leçons d'histoire, un polar passionnant qui évoque l'influence et les dégâts du national-socialisme sur un groupe de jeunes adultes pris dans la tourmente de l'Histoire.


Quand Robert Lubish décide de se rendre à Kranenburg, il s'agit de simple curiosité. Il souhaite connaître le nom de la femme sur la photo et comprendre pourquoi son père a gardé cette photo pendant de si nombreuses années. Cette curiosité va l'amener jusqu'à Rita Albers, une journaliste louant la petite maison qui appartenait à la femme de la photo, Thérèse. L'intérêt de Rita va s'éveiller et sa formation de journaliste va la pousser à enquêter. Mais ce qu'elle va trouver va la conduire sur un chemin dangereux. Et Robert pense qu'il devrait en rester là. Mais le désir de savoir va être plus fort.

Dans ce roman, on voyage entre deux époques: celle de 1998 et celle de la guerre. Les évènements du présent sont expliqués au fur et à mesure des souvenirs qui remontent du passé, des faits auxquels on ne s'attend pas le plus souvent.
Thérèse était une jolie jeune fille, élevée par une mère aimante et un père anti-nazi. Elle vivait dans le petit village de Kranenburg avec sa bande de copains. Une bande de copains qui ont fait le voeu de toujours rester ensemble, quoiqu'il arrive, serment que la guerre va s'empresser de rompre. On découvre alors, malgré une amitié sincère, des trahisons mortelles, des amours cachés qui ne survivront pas aux dénonciations, des vies détruites au nom de la patrie. 
Et Robert, qui va découvrir l'incroyable vérité du passé de son père. 

Un court roman tout en rebondissements. Une histoire passionnante que l'on termine en peu de temps. Même si le personnage de Robert est un peu "gentillet", et c'est peut-être d'ailleurs ce qui fait son petit charme, lui l'homme sans histoires qui mène une vie tranquille et qui devient l'homme à l'histoire invraisemblable...
L'histoire de cette bande de copains de Kranenburg est captivante. Les émotions se multiplient: haine, amour, courage, culpabilité, peur, jalousie...En tant que lecteurs, nous sommes parfois révoltés par certains comportements jugés inadmissibles. Mais il faut savoir se remettre dans le contexte: et nous, qu'aurions-nous fait à leur place? 

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar


La traversée du paradis

1920. A l’heure où Lénine et les Bolcheviks font régner la Terreur rouge, l’espion français Charles Hirscheim, devenu l’espion allemand Gu...