mardi 23 janvier 2018

Les fleurs de l'ombre

"Ceci n'est pas l'histoire d'une petite fille qui disparaît. C'est l'histoire d'une petite fille qui réapparaît...Sur la jetée d'un front de mer, un sac à main serré contre elle. À l'intérieur, une mystérieuse fleur noire. Pas de nom, pas d'identité, personne ne sait d'où elle vient. Tout ce qu'elle a, c'est une histoire terrifiante et dérangeante à raconter."

Telle est la trame de La fleur de l'ombre, un thriller écrit en 1991 par un certain Robert Wiseman, mystérieusement disparu depuis lors. Neil Dawson, dont le mère vient d'être retrouvé sans vie au pied d'un viaduc, apprend que celui-ci nourrissait une étrange obsession pour ce roman. Bientôt, il constate de troublantes similitudes entre les derniers jours de Robert Wiseman et ceux de son père. Pire encore, c'est peu à peu la réalité qui semble s'inspirer de l'abominable récit de La fleur de l'ombre. Et Neil ne tarde pas à se retrouver aux prises avec un psychopathe d'un genre très particulier.
Avec ce thriller d'une noirceur absolue, Steve Mosby multiplie les mises en abîme et entraîne le lecteur dans un formidable puzzle entre réalité et fiction. Outre l'intrigue, d'une densité rare, on y retrouve le style incomparable et la complexité de personnages terriblement humains qui ont fait le succès d'Un sur deux


Bon, je n'ai pas lu Un sur deux dont parle cette quatrième de couverture mais je pense que si l'occasion se présente, je le ferai car j'ai beaucoup apprécié cette lecture. Merci à la personne qui l'a déposé dans la boite à livres!

Neil Dawson vient d'apprendre une grande nouvelle, il va être papa! Mais ce n'était pas du tout prévu et il s'inspire de ses sentiments un peu confus pour écrire une nouvelle. Devenir écrivain, comme son père, reste un rêve et il ne manque pas l'occasion d'écrire dès qu'il trouve l'inspiration. Comme à son habitude, il envoie son écrit à son père pour avoir son avis. Mais cette fois, celui-ci ne lui répondra pas. Son cadavre est découvert près de la commune de Whitkirk, noyé. Il se serait suicidé.
Même si Neil a du mal y croire, il essaie de se faire une raison...mais en regardant d'un peu plus près les affaires de son père, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Tous ses rendez-vous quelques jours avant sa mort, son ordinateur portable qui a disparu et cette fleur noire trouvée dans les pages d'un roman. Son suicide devient invraisemblable.
Neil décide alors d'en savoir un peu plus, ce qui ne plaît pas à tout le monde.

Neil ne paye pas de mine, c'est "Monsieur tout le monde", ni un héros, ni un malheureux. Il mène une vie plutôt tranquille, même si devenir papa maintenant n'était pas une priorité. Il fait avec, c'est la vie. Et c'est bien malgré lui qu'il va pourtant essayer de devenir un héros, pour la future mère de son enfant. C'est donc un personnage plutôt sympathique, agréable et touchant.
Avec lui, on lit quelques extraits de La fleur de l'ombre, le roman qui traînait dans le bureau de son père. Un roman particulier avec une intrigue plutôt intéressante et qui va s'avérer capitale pour notre histoire. 
Simultanément, l'inspecteur Hannah Price, qui a découvert le corps de Christopher Dawson, commence elle aussi à s'interroger sur cet étrange suicide et va peu à peu assembler les pièces d'un puzzle incroyable et obscur. 

Ce roman est une grande réussite. On oscille entre "réalité" et fiction, réalité entre guillemets puisque bien évidemment, il s'agit d'une fiction dans une fiction. On entre dans Les fleurs des ombres en lisant La fleur de l'ombre. Trois histoires mêlées, celle de Neil Dawson, celle d'Hannah Price et celle de la petite fille de La fleur de l'ombre. On ne sait pas trop où cela va nous mener mais le suspense et l'envie de découvrir la vérité est telle qu'on a du mal à refermer le livre. On se ballade à travers les années et les personnages où les histoires de famille ont une place considérable. On sait plus ou moins qu'on va découvrir quelque chose d'assez glauque et quand on arrive vers la fin, il n'y a même plus vraiment de surprises mais l'important n'est pas là. Oui, l'important c'est que va-t-il arriver à Neil et Hannah? 

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar



dimanche 14 janvier 2018

Rompre le silence

En 1997, Robert Lubish vide la villa familiale à la suite du décès de son père, un riche industriel qui a fait fortune dans les années d'après-guerre. Parmi ses papiers, il trouve une carte d'identité SS au nom d'un inconnu et la photographie d'une très belle femme. Quel est le rapport avec son père? Lui, l'homme si parfait, si lisse, avait-il des secrets à cacher? Au fil de ses recherches, Robert sent qu'il a réveillé un démon assoupi depuis la guerre et que l'histoire de son père est bien plus trouble qu'il a toujours pensé.
Sans clichés ni leçons d'histoire, un polar passionnant qui évoque l'influence et les dégâts du national-socialisme sur un groupe de jeunes adultes pris dans la tourmente de l'Histoire.


Quand Robert Lubish décide de se rendre à Kranenburg, il s'agit de simple curiosité. Il souhaite connaître le nom de la femme sur la photo et comprendre pourquoi son père a gardé cette photo pendant de si nombreuses années. Cette curiosité va l'amener jusqu'à Rita Albers, une journaliste louant la petite maison qui appartenait à la femme de la photo, Thérèse. L'intérêt de Rita va s'éveiller et sa formation de journaliste va la pousser à enquêter. Mais ce qu'elle va trouver va la conduire sur un chemin dangereux. Et Robert pense qu'il devrait en rester là. Mais le désir de savoir va être plus fort.

Dans ce roman, on voyage entre deux époques: celle de 1998 et celle de la guerre. Les évènements du présent sont expliqués au fur et à mesure des souvenirs qui remontent du passé, des faits auxquels on ne s'attend pas le plus souvent.
Thérèse était une jolie jeune fille, élevée par une mère aimante et un père anti-nazi. Elle vivait dans le petit village de Kranenburg avec sa bande de copains. Une bande de copains qui ont fait le voeu de toujours rester ensemble, quoiqu'il arrive, serment que la guerre va s'empresser de rompre. On découvre alors, malgré une amitié sincère, des trahisons mortelles, des amours cachés qui ne survivront pas aux dénonciations, des vies détruites au nom de la patrie. 
Et Robert, qui va découvrir l'incroyable vérité du passé de son père. 

Un court roman tout en rebondissements. Une histoire passionnante que l'on termine en peu de temps. Même si le personnage de Robert est un peu "gentillet", et c'est peut-être d'ailleurs ce qui fait son petit charme, lui l'homme sans histoires qui mène une vie tranquille et qui devient l'homme à l'histoire invraisemblable...
L'histoire de cette bande de copains de Kranenburg est captivante. Les émotions se multiplient: haine, amour, courage, culpabilité, peur, jalousie...En tant que lecteurs, nous sommes parfois révoltés par certains comportements jugés inadmissibles. Mais il faut savoir se remettre dans le contexte: et nous, qu'aurions-nous fait à leur place? 

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar


jeudi 4 janvier 2018

La vérité à propos d'Alice

Angleterre, 1821. En épousant Richard, Rachel Crofton croyait enfin échapper à son destin de gouvernante. Mais derrière le commerçant affable se cache un homme colérique et opportuniste...Pour tromper l'ennui, Rachel accepte la proposition de lady Alleyn de lui faire rencontrer son fils reclus, Jonathan, vétéran de la guerre d'Espagne. Dès sa première visite, Rachel comprend que les apparences masquent de profondes failles: pourquoi Jonathan réagit-il si vivement à sa vue? Qui était Alice, sa fiancée disparue et à qui Rachel ressemble si fortement?
Décidée à percer le secret de la maison Alleyn, Rachel n'a bientôt plus qu'une idée en tête: découvrir la vérité à propos d'Alice...


Pour commencer, je trouve que la quatrième de couverture n'est pas très bien écrite: d'accord, Rachel est un personnage important du roman mais pour moi, les deux personnages forts sont Alice et Starling (que cette quatrième ne mentionne même pas). 

Tout commence avec la rencontre d'Alice et Starling. Starling, cette enfant surgit de nulle part, en guenilles et les cheveux plein de poux, qu'Alice va prendre sous son aile jusqu'à sa disparition. C'est une relation sincère et aimante qui se crée, chacune considérant l'autre comme sa soeur, une relation forte et solide. 
Puis Alice disparaît mystérieusement...soi-disant avec un homme alors qu'elle voulait épouser Jonathan Alleyn, celui qu'elle aime depuis toujours.

Rachel Crofton, elle, vit comme gouvernante à la campagne jusqu'à sa rencontre avec Richard qui lui fait la cour. Elle accepte finalement de l'épouser et va s'installer avec lui en ville. Une ville qu'elle connaissait bien dans son enfance, ces jours heureux aujourd'hui enfouis dans le passé. La maison de Richard est petite, sombre et froide, bien loin du petit cocon des jeunes mariés. 
Heureusement, elle va faire la rencontre de deux charmantes personnes à Bath, avec lesquels elle pourra se distraire momentanément. Et bien sûr, elle va rencontrer l'épatante Mrs Alleyn et son fils, Jonathan. 

Jonathan n'est plus lui-même depuis la disparition d'Alice et depuis la guerre. Il ne sort plus de ses appartements, boit beaucoup, tout le monde le croit devenu dément. Et surtout, quelqu'un lui en veut beaucoup...Quelqu'un qui était très proche d'Alice et qui le croit responsable de sa disparition. C'est d'ailleurs cette personne qui va mettre Rachel sur le chemin de Jonathan. 

Deuxième roman de Katherine Webb que je lis et je n'ai pas été déçue. Il me fait penser à du Kate Morton: la campagne anglaise, les feed-back, les secrets, les mensonges...C'est un peu le même topo et ça fonctionne plutôt bien. 

Rachel fait un peu nunuche au début mais elle est tellement généreuse et pas gâtée par la vie qu'on se prend d'affection pour elle (je suis trop empathique). 
Alice a le rôle rêvé: elle a disparu donc elle est idolâtrée. Et qu'elle était belle, et qu'elle était gentille, et qu'elle était ceci, et qu'elle était cela...mais non, elle n'a jamais pu partir avec un autre homme, non elle n'aurait pas pu faire ça. 
Mais mon personnage préféré, c'est Starling: celle qui vient de nulle part, qui ne sait pas qui elle est mais qui vit pour une chose, trouver la vérité sur Alice (enfin plutôt, faire avouer le meurtre d'Alice par Jonathan). Un personnage aux multiples facettes, douce et innocente, machiavélique et démoniaque, volage et intrépide, généreuse et aimante...

Le mystère autour d'Alice est entier: partie avec un homme ou pas? Morte ou pas? 
Je vous laisse le découvrir.

XXX

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois (667 pages)



mercredi 3 janvier 2018

Nymphéas noirs

Le jour paraît sur Giverny.
Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes...Des silhouettes et des vies. Deux femmes en particulier, se détachent: l'une, les yeux couleur nymphéa, rêve d'amour et d'évasion; l'autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au coeur d'un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé...


Nymphéas noirs, c'est d'abord une belle couverture. C'est déjà bien...

J'ai déjà lu plusieurs livres de Michel Bussi et je trouve que celui-ci est légèrement différent des autres. J'y ai trouvé l'atmosphère un peu "vieillotte". N'y voyez pas un commentaire négatif mais plus un ressenti. Cela du fait de la temporalité du roman. Je ne voudrais pas trop en dire car en précisant trop de faits, j'ai un peu peur de dévoiler les secrets de ce roman. 

La vieille dame qui raconte cette histoire vit dans un moulin qui borde le village de Giverny. Elle est assez mystérieuse et d'ailleurs on la prend souvent pour une "sorcière" mais elle a beaucoup d'humour. Et surtout, chez elle, se trouve un fabuleux tableau. Celui que tout le monde cherche. Mais personne n'ose aller chez la vieille dame. 

Stéphanie est la maîtresse de l'école. Elle est jeune et jolie et son charme se répand un peu partout: surtout sur le nouveau flic, celui qui vient enquêter au village. Elle initie celui-ci aux plaisirs de la lecture: Aurélien de Louis Aragon, tient une place importante dans ce roman (il faudra d'ailleurs que je le lise).

Fanette est une fillette qui vit seule avec sa mère. Elle est passionnée de peinture et participe à un grand concours international. Mais un terrible drame attend son heure...

Trois portraits de femmes entremêlés: toutes différentes, elles sont pourtant étroitement liées.

J'étais un peu perdue parfois dans ce roman: entre les personnages et les faits. Puis tout s'est éclairé au dénouement et je me suis dit: quel génie! Oui, ça y est, maintenant je comprends...et de faire tous ces rapprochements que je n'avais pu faire alors. 

Le lieu de l'intrigue est bien sûr sublime. On imagine parfaitement l'abondance de fleurs, le calme apparent perturbé par tous les touristes, un petit village charmant et paisible. Cela donne même envie d'y aller (avec un bouquin d'Aragon du coup!). 

Ce n'est pas un coup de coeur non plus (l'ambiance m'a un peu dérangée, c'était assez étrange, comme une impression d'arriver - pardonnez-moi l'expression- chez des ploucs). 

Hop hop hop, une page au hasard...page 205, extrait: "L'agent Ludovic Maury a écouté les injonctions musclées de son supérieur avec l'attention lassée d'un footballeur remplaçant dans un vestiaire. Le soleil dans son dos est en train de lui rôtir la nuque. Pendant le brainstorming, il a détaillé une nouvelle fois les photographies de la scène de crime étalées devant lui: le ruisseau, le pont, le lavoir. Le corps de Jérôme Morval, les pieds sur les berges et la tête dans l'eau."

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar



mardi 2 janvier 2018

Top 5

2017 est terminée...voici l'heure du bilan, en cinq livres.

Mes livres préférés lus en 2017.

Un auteur incontournable dans ma PAL: Agnès Martin-Lugand

J'ai toujours cette musique dans ma tête



Un classique que je n'avais encore jamais lu! 

Des souris et des hommes



Un début en science-fiction pour moi (et ce n'est pourtant pas ma tasse de thé!):

Les âmes vagabondes



Un beau roman se déroulant durant la seconde guerre mondiale


Et un autre, pas encore chroniqué, qui raconte la vie de Daphné du Maurier: Manderley For Ever.



Et vous, quels ont été vos coups de coeur cette année?

Je vous souhaite de belles lectures pour 2018! 

lundi 1 janvier 2018

Les courses

Depuis le départ de sa femme, après dix-huit ans d'un mariage calamiteux, Walt, la cinquantaine légèrement bedonnante, vit seul. Pas d'amis, pas de vie sociale. Ce qu'il aime: déambuler la nuit dans les rues de sa ville et, de temps en temps, aller à la pêche dans des coins isolés. 
Walt est aussi collectionneur, quoique d'un genre particulier: agent d'entretien dans un supermarché, il récolte les listes de courses que les clients jettent dès les caisses passées. C'est devenu un hobby: ramasser ces listes et essayer de se faire une idée de la vie de leurs propriétaires. Ensuite, il aime bien vérifier s'il est tombé juste, et va jusqu'à s'introduire en douce chez ceux qui ont éveillé sa curiosité...
Walt a-t-il seulement une petite manie inquiétante mais inoffensive? Ou serait-il à l'origine de la disparition de plusieurs femmes de la région? 


Pour moi, la couverture de ce livre promettait beaucoup. Je m'attendais à un thriller digne de ce nom, surtout un thriller psychologique avec un psychopathe aux lourds problèmes psychiques (bon, peut-être pas jusque là mais bon...). En fait, je m'attendais à beaucoup plus que ce que j'ai lu.
Je n'ai pas ressenti l'attente, le suspens d'un thriller. Même l'intrigue qui paraissait intéressante en lisant la quatrième, s'est vite essoufflée.

En apparence, Walt est une personne qu'on ne remarque pas. Et il le dit bien. Personne ne remarque sa présence, jamais. C'est aussi pour cela que tout est plus facile pour lui. Il est très solitaire, ne voit plus personne depuis que sa femme est partie. D'ailleurs, est-elle vraiment partie de son plein gré ou bien a-t-elle été tuée? On peut même avoir un peu pitié de lui quand on voit sa vie si morne, si dénuée de sens. Il a de quoi nous mettre le moral dans les chaussettes vite fait. Pas étonnant qu'il se raccroche à n'importe quoi, comme sa collection de listes de courses. Ce n'est d'ailleurs pas inintéressant ce qu'il en fait: essayer de déduire la personnalité des gens à travers ce qu'ils mangent. Et il est même plutôt doué pour cela! Au final, je l'aimais plutôt bien Walt et je n'avais pas vraiment envie qu'il soit coupable de ce dont on l'accusait. Il paraissait gentil (c'est d'ailleurs comme ça qu'ils ont les vrais psychopathes!) et plutôt soucieux des jeunes femmes qu'il allait "voir". Il était attentionné, prévenant...enfin, on voyait que ce qu'on nous donnait à voir. Il y a très peu de détails sur le véritable sort des victimes, mis à part une.

Je peux peut-être oser dire qu'il y avait une part de tension psychologique mais bon, ce n'était pas flagrant. Le personnage de Walt, central, est plutôt bien mené. Heureusement car les autres personnages sont complètement vides. Les flics qui enquêtent sont chiants et mous. En fait, il n'y a pas d'action dans ce livre ou très peu. En contrepartie, le côté psychologique n'est pas assez présent, pas suffisamment lourd. Pas de suspense, pas de tension. C'est juste une histoire qui se passe, dans une ville, avec quelques personnages, et puis voilà...

Je suis un peu déçue. Cela aurait pu être tellement mieux!

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar



Sharko

Eux, c'est Lucie Hennebelle et Franck Sharko, flics au 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons.
Lucie n'a pas eu le choix: en-dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu: pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d'être confiée au 36, car l'homme abattu n'avait semble-t-il rien d'un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure.
Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l'enquête et s'enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu'à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu'ils s'étaient efforcés de bâtir. 




Comme à chaque fois, je suis impatiente de découvrir ce que nous a concocté Franck Thilliez. Même si je commençais à être lassé avec Angor et Pandemia, j'étais contente de retrouver Sharko et Hennebelle. 
Tout commence par le récit d'un accident à l'aquarium de Brest: un homme se fait dévorer par un requin. 
Quelques mois plus tard, la tante de Lucie lui transmet un dossier non élucidé d'Anatole, l'oncle policier de Lucie. C'est ainsi que cette dernière se retrouve un soir dans la maison d'un homme, dans laquelle elle découvre des horreurs avant de tirer à bout portant sur lui. Sous le choc, Lucie ne peut plus réfléchir et Franck vient à son secours: sachant ce que les flics vont chercher, il se démène pour qu'aucun indice ne puisse mettre sa chère Lucie en cause et se débrouille pour récupérer l'enquête.
C'est ainsi que les deux flics vont enquêter sur leur propre crime.

Je dois dire que c'est cela qui m'a mis l'eau à la bouche et m'a tenue en haleine. Ce que je voulais savoir, c'est comment cela allait se terminer pour eux. Au final, l'enquête en elle-même, le pourquoi du comment, cela passait au second plan. J'étais focalisée sur Nicolas Bellanger:  Nicolas, le pote de Franck, qui est en déprime totale depuis la mort (atroce) de sa fiancée Camille. Mais il a beau être en déprime et complètement drogué, il n'en a pas pour autant perdu sa vivacité d'esprit et son intuition de flic. Il se doute de quelque chose. Au fond de lui, il sait. Et Franck sait qu'il sait et qu'il peut dès lors tout faire capoter. 
Bon alors, à votre avis, happy end ou pas pour Franck et Lucie?

Mis à part MON intrigue principale, je vais quand même vous dire de quoi cela parle un peu. En bref: d' accidents étranges, de notion de peur, de sangsues, de vampires, de poches de sang... Une enquête bien à la Thilliez en somme. 

Un extrait d'une page au hasard... attention, roulement de tambour, j'ouvre au hasard: page 336.

"La multiplication des galeries incita les hommes à se disperser. Ils gardèrent contact par radio. Le groupe Manien se scinda lui-même en deux. Lucie, Franck et Nicolas restèrent ensemble, armes au poing. De l'eau suintait du plafond. À travers les faisceaux des lampes, les gouttes roulaient, grises et sombres, chargées de matières organiques. Les grosses arches en pierre donnaient l'impression qu'elles pouvaient s'écrouler à tout moment."

C'est toujours un plaisir de lire cet auteur, même si ce n'est plus la passion du début.

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar



et du challenge 1 pavé par mois (568 pages)


La traversée du paradis

1920. A l’heure où Lénine et les Bolcheviks font régner la Terreur rouge, l’espion français Charles Hirscheim, devenu l’espion allemand Gu...