mardi 29 novembre 2016

L'effet papillon

Si William Stark n'avait pas été intrigué par un SMS envoyé du Cameroun, René Ericksen, son boss au Bureau d'Aide au Développement, n'aurait pas été obligé de se débarrasser de lui. Si Marco, un jeune voleur gitan, n'avait pas trouvé refuge là où le cadavre putréfié de Stark végète depuis trois ans, son oncle, chef d'un réseau mafieux, n'aurait pas lancé ses hommes à ses trousses à travers tout Copenhague pour l'empêcher de révéler à la police l'existence de ce corps qu'il a enterré de ses propres mains...
Pour stopper cet engrenage de la violence, l'inspecteur Carl Morck et l'équipe du Département V doivent retrouver Marco. Et remonter la piste d'une affaire dont les ramifications politiques et financières pourraient bien faire vaciller l'intégrité politique du Danemark. 


Cela avait plutôt mal commencé pour moi : une expédition en Afrique, une histoire d'escroquerie, une course poursuite dans les marécages... une ambiance loin de me plaire. J'ai craint le pire.
Et puis, retour à Copenhague. Avec Marco. Marco, un jeune gitan qui décide de ne plus mener cette vie de voleur, cette vie qui n'est pas faite pour lui. Il souhaite avoir une vie normale, aller à l'école, apprendre un vrai métier, vivre normalement. Alors, il s'enfuit. Malheureusement, la découverte qu'il va faire dans les bois va vite mettre sa vie en danger. Il est désormais activement recherché par les membres du clan et le réseau de son oncle. Mais l'honnêteté de Marco va le pousser à aller voir la police pour qu'ils réouvrent une enquête.
C'est ainsi qu'intervient Carl Morck et son équipe, Assad et Rose.

Toujours aussi ravie de retrouver ce trio de choc complètement atypique. Alors que la vie privée de Carl Morck prend une nouvelle direction, on commence à en savoir un peu plus sur le mystérieux Assad et son recrutement dans la police.
Vivre ces quelques jours de "cache - cache" avec Marco a été plutôt palpitant. C'est le "gentil" du roman alors forcément, on a envie qu'il s'en sorte, d'autant plus qu'il est jeune et qu'il a toute la vie devant lui. Mais Marco est né sous une bonne étoile, c'est en quelque sorte un miraculé.
Ce qui m'a le plus intéressée finalement, c'est l'histoire de Marco! Que les "méchants" soient arrêtés et que l'on comprenne ce qui est arrivé en Afrique et le pourquoi du comment d'une énorme escroquerie, ça passait au second plan. Je parle pour moi bien évidemment.
Ce que je retiens de ce quatrième volet des enquêtes du Département V ce n'est pas l'enquête en fait... C'est l'histoire des personnages, des personnages attachants, humains, empathiques... Parce que si on regarde bien, l'enquête est vite classée. Si on compare le nombre de pages total avec le nombre de pages où les policiers se concentrent sur l'affaire et le nombre de pages qui racontent l'histoire de Marco, l'histoire du disparu William Stark et les magouilles des trois associés du Ministère/Banque et je ne sais même plus d'où vient le troisième...le compte est vite fait. Il s'agissait plus de sauver Marco que de retrouver l'assassin du supposé mort parce que pas de cadavre.

Cela avait plutôt mal commencé pour moi mais ça s'est bien terminé. J'ai tout de même mis plus de temps à le lire qu'un autre, en déduire ce que bon vous semble.


Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois (648 pages)


dans le cadre du challenge Polar et Thriller


et du Défi Lecture 2016 Catégorie 47 : Un livre avec un animal dans le titre

jeudi 10 novembre 2016

Le prédicateur

Dans les rochers proche de Fjällbackan le petit port touristique suédois dont il était question dans La Princesse des glaces, on découvre le cadavre d'une femme. L'affaire se complique quand apparaissent, plus profond au même endroit, deux squelettes de femmes...
L'inspecteur Patrick Hedström est chargé de l'enquête en cette période estivale où l'incident pourrait faire fuir les touristes et qui, canicule oblige, rend difficiles les dernières semaines de grossesse d'Erica Falch, sa compagne.
Lentement, le tableau se précise : les squelettes sont certainement ceux de deux jeunes femmes disparues vingt - quatre ans plus tôt. Revient ainsi en lumière la famille Hult, dont le patriarche, Ephraïm, magnétisait les foules accompagné de ses deux petits garçons, Gabriel et Johannes, dotés de pouvoirs de guérisseurs. Depuis cette époque et un étrange suicide, la famille est divisée en deux branches qui se haïssent. 
Alors que Patrick assemble les morceaux du puzzle, on apprend que Jenny, une adolecsente en vacances dans un camping, a disparu. La liste s'allonge...
Une nouvelle fois, Camilla Läckberg excelle à tisser son intrigue, manipulant son lecteur avec jubilation, entre informations finement distillées et plaisir de nous perdre en compagnie de ses personnages dans une atmosphère provinciale lourde de secrets.



Nous retrouvons ici les deux principaux personnages de La Princesse des glaces, Patrick et Erica. Patrick est appelé suite à la découverte d'un corps et de deux squelettes à Fjallbacka. L'enquête mène vite à se pencher sur la famille Hult, famille déjà en vue vingt - quatre ans auparavant lors de la disparition de deux jeunes femmes. 

Dans ce deuxième roman, l'atmosphère est plutôt lourde et pesante dans le premier sens du terme : c'est l'été, il fait très chaud. Patrick Hedström a du mal à avancer sur cette enquête : très peu d'indices même s'il détient le principal : l'ADN. Encore faut - il trouver à qui le comparer. Une affaire sur laquelle il a très peu d'aide. Son chef, Mellberg qui malgré sa bonne humeur toute nouvelle, n'est là que pour récolter les fruits du travail des autres; ses collègues pas fichus de faire leur boulot correctement, excepté le jeune Martin. Sa compagne, Erica, fait ici office de figurante. Enceinte jusqu'au bout des ongles, elle apparaît dans le roman dans des histoires secondaires, notamment avec sa soeur Anna. 

Comme dans La Princesse des glaces, l'enquête avance doucement mais sûrement. Pas beaucoup de suspects mais des personnages sur lesquels on cogite. Dans notre tête, tous sont plus ou moins suspects. Gabriel Hult qui a tout l'air de quelqu'un de droit et loyal est très sévère, peut - être cache - t - il quelque chose derrière tout son sérieux? Jacob, le fils de Gabriel, pourrait être celui qu'on soupçonne le moins : il travaille pour une bonne cause, au nom de Dieu, il habite une belle maison avec une femme et des enfants impeccables. Mais faut - il se fier aux apparences? Robert et Johan, fils de Johannes, suspect numéro 1 dans les affaires de disparition à l'époque, auraient - ils suivi les traces de leur père? Les femmes sont le moins susceptibles d'être coupables a priori ici mais j'ai tout de même eu des doutes? Et pourquoi pas la femme de Gabriel, si soumise, si effacée? Cela pourrait n'être qu'une façade...Elle n'a peut - être pas la trempe pour commettre des meurtres mais elle pourrait être complice...
Malgré les apparences, quelles soient bonnes ou mauvaises d'ailleurs, tout le monde a quelque chose à cacher. Et Patrick ne lâchera rien, il veut tout savoir, sur tout le monde. 

Encore une fois, la mayonnaise a bien pris, je dirai même encore mieux que la première. Tout est fait pour que l'on soit tenus en haleine tout du long et que l'on ne découvre pas trop vite le coupable. En ce qui me concerne, je n'ai pas eu de certitudes avant d'arriver au bout (et je ne cherche pas vraiment, je préfère me laisser porter et surprendre). 

Encore un très bon roman de Camilla Lackbeg. 

Ma note : 4/5

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar chez Sharon



lundi 7 novembre 2016

Le premier jour du reste de ma vie

Marie a tout préparé pour l'anniversaire de son mari : décoration de l'appartement, gâteaux, invités...Tout, y compris une surprise : à quarante ans, elle a décidé de le quitter. Marie a pris "un aller simple pour ailleurs". Pour elle, c'est maintenant que tout commence. Vivre, enfin. Elle a donc réservé un billet sur un bateau de croisière pour faire le tour du monde. A bord, Marie rencontre deux femmes qui, elles aussi, sont à la croisée des chemins. Au fil de leurs aventures, parfois déjantées, elles pleurent et rient ensemble, à la reconquête du bonheur. Leurs vies à toutes les trois vont être transformées par cet étonnant voyage. 


Marie décide de faire une surprise à son mari pour son anniversaire : elle le quitte.
Grâce à l'argent économisé pendant ses années de mariage, elle s'offre une croisière de trois mois autour du monde. Ce n'est pas n'importe quelle croisière : il s'agit d'une croisière en solitaire où les couples sont formellement interdits. Cela tombe bien, Marie n'a aucune envie de s'embarquer dans une nouvelle histoire d'amour. Il va falloir digérer Rodolphe...
En revanche, c'est une belle histoire d'amitié qui commence entre elle, Anne et Camille. 

Trois histoires différentes que celles des trois femmes : des histoires mêlant douleur, chagrin mais aussi romantisme, poésie et humour. Trois destins. Trois femmes sur la voie du bonheur. 

Je ne suis pas spécialement fan des croisières ( on aurait du mal à me mettre sur un bateau pour une durée aussi longue). Cependant, même si le lieu ne me plaisait pas vraiment, j'ai grandement apprécié de faire ce tour du monde avec ces trois copines. Trois caractères opposés mais qui vont finalement bien s'entendre. Trois copines avec qui on aurait bien partagé un petit verre sur le pont supérieur. 

Un premier roman bien écrit qu'on prend plaisir à lire.
Mes bémols : 
- Loïc qui vient de Carantec marié à une Nolwenn. Je suis bretonne alors ce genre de "cliché" m'agace un peu. Trop de breton tue le breton. 
- L'homme aux cheveux gris complètement antipathique que Marie croise à chaque escale. Un peu facile de deviner ce qui va se passer...

Par - contre, des personnages bien construits, cohérents, sympas (enfin pas tous, il y a toujours des c*** quelque part hein!). 
Un dénouement je ne dirai pas "bateau" car finalement, on est content que cela se passe comme ça (non pas de spoil). Personnellement, je n'aurai pas aimé une autre fin. Mais le meilleur reste le début du roman!

Un roman frais, sympa, parfait pour sortir de son quotidien. 

Ma note : 4/5

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2016 , Catégorie 16 : Un livre qui a reçu un prix.
(Prix des lecteurs 2016)


jeudi 3 novembre 2016

La boîte à musique

A Montclair, personne n'a pardonné à Parker Bennett, un riche financier disparu deux ans plus tôt avec cinq milliards de dollars. Personne, sauf sa femme et son fils.
Lorsqu'elle franchit le seuil de leur maison, Lane ignore les terribles secrets qui l'habitent...
Quand l'innocence rencontre la corruption : un suspense vertigineux pour une Mary Higgins Clark au sommet.


Je réitère, je réitère...j'insiste avec cet auteur...mais ça ne prend définitivement pas, ou peu.

Une intrigue déjà vue et sans surprises, même si on peut se poser quelques questions quand à l'innocence de Bennett pendant un court laps de temps. Il s'avère que c'est un gros dégueulasse qui n'a rien d'intéressant. Si encore il avait été intelligent...mais non, c'est juste un arnaqueur, égoïste et appâté par le gain. Tant mieux s'il se fait prendre à son propre jeu!

Le personnage de Lane est plutôt sympathique mais qui reste un portrait de femme classique qui hésite entre le coeur et la raison. 
La femme de Parker Bennett, pauvre femme certes, elle n'a pas eu de chance...et on a envie de lui remuer son popotin. Elle en devient ridicule de se pourrir la vie pour un homme qui n'en vaut pas la peine. Ah l'amour...
Le personnage du fils de Bennett est sans doute le plus intéressant car le plus énigmatique. Complice ou pas complice de son père? J'avoue que c'est la seule chose qui m'a un temps soit peu posé question. 

Dommage, le titre était joli...

Ma note : 2/5

Lu dans le cadre du challenge Thriller et polar chez Sharon


mardi 1 novembre 2016

La princesse des glaces

Erica Falck, trente - cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d'une amie d'enfance, Alexandra Wilkjner, nue dans une baignoire d'eau gelée. Impliquée malgré elle dans l'enquête (à moins qu'une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l'oeuvre), Erica se convainc très vite qu'il ne s'agit pas d'un suicide. Sur ce point - et sur beaucoup d'autres -, l'inspecteur Patrick Hedström, amoureux transi, la rejoint. 
A la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge dans les strates d'une petite société provinciale qu'elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d'autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d'un peintre clochard - autre mise en scène de suicide. 
Au - delà d'une maîtrise évidente des règles de l'enquête et de ses rebondissements, Camilla Läckberg sait à merveille croquer des personnages complexes et - tout à fait dans la ligne de créateurs comme Simenon ou Chabrol - disséquer une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu'on ne le pense.



Eilert Berg, un retraité du petit village de Fjallbacka alerte la première personne qu'il croise : la jeune femme dans la maison est morte. C'est Erica Falck qui passe par là et la femme qu'elle voit dans la baignoire, morte, est loin d'être une étrangère. Il s'agit de son amie d'enfance, Alexandra.
Cela pourrait s'arrêter là pour Erica mais elle va finalement se retrouver à suivre l'enquête de la mort de son amie sans rien demander et se dit qu'elle tient là un excellent sujet pour son futur livre!

L'ambiance est fraîche, on se croirait presque en plein paysage suédois. Glissez vous sous un plaid avec ce roman et un thé et plongez dans l'histoire.

Pour résoudre cette enquête, les interrogatoires vont bon train, tout le monde y passe. C'est une petite bourgade, tout le monde se connaît, de près ou de loin et les commérages foisonnent. Il paraît que dans les villages, tout se sait? Attention, à Fjallbacka, certains secrets sont bien gardés et il faudra du temps à Erica et l'inspecteur de police Patrick Hedström pour lever le voile sur les mystères qui entourent Alexandra. Que venait - elle faire ici tous les week - ends alors qu'elle n'habitait plus là depuis longtemps? Qui voyait - elle secrètement en - dehors de son mariage? Quel était le lien entre elle et le drogué du coin?

Tous les personnages ont des secrets : les parents d'Alexandra qui, sous leur apparence propre et distinguée, vont devoir faire un terrible aveu ; le meilleur ami d'Erica, Dan, qui pourrait bien s'en mordre les doigts ; Anna, la soeur d'Erica, qui cache bien des malheurs ; ainsi que tous les habitants liés de près ou de loin à l'affaire.

J'ai beaucoup aimé ce premier volet des aventures d'Erica Falck. L'enquête avance petit à petit et souvent, bien plus de questions s'ajoutent que de réponses jusqu'au inévitable dénouement. Une fin assez inattendue en ce qui me concerne, avec une autre idée du "méchant".
Des personnages plutôt originaux et sympathiques. Pour une fois, pas de cliché du policier bravant les interdits pour suivre son intuition. Au contraire, Patrick Hedström, tout comme Erica, est à la limite de la perfection. Ils sont jeunes, beaux et en pleine forme, sans démons cachés même si Erica peut avoir un petit côté rebelle parfois.

J'aime beaucoup le titre (c'est d'ailleurs ce qui m'a attirée au premier abord). Il est bien choisi et très évocateur. Certes, pas très original mais il reflète bien l'atmosphère glaciale, l'image de la découverte de la victime et le personnage d'Alexandra.

J'ai d'ores et déjà lu la suite de cette série de romans de Camilla Läckberg. A suivre ...

Ma note : 4/5

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2016, catégorie 50 : Un livre choisi juste pour le titre

Et du challenge  Thriller polar chez Sharon



La scène des souvenirs

Suffolk, 2011. La célèbre actrice Laurel Nicolson se rend au chevet de sa mère mourante. Alors qu'elles parcourent ensemble un album de...