mardi 31 mai 2016

La pièce

Catégorie 31 du Défi Lecture : Un livre d'un auteur des pays nordiques

La première neige est tombée sur Stockholm et Björn vient d'être muté à l'Administration. Mégalomane sur les bords, Björn a une opinion démesurée de son rôle. Arrogant et psychorigide, il est loin de faire l'unanimité parmi ses collègues. Mais Björn n'est pas là pour fraterniser ou bavarder inutilement, il est là pour travailler et montrer le bon exemple à ceux qui n'ont peut - être pas, comme lui, la bureaucratie dans le sang.
Un jour, il découvre une porte entre l'ascenseur et les toilettes. Elle ouvre sur un bureau inoccupé où règne un ordre parfait. Cette pièce lui procure une sensation singulière de calme et de bien - être , et il commence à s'y réfugier aussi souvent qu'il le peut pour se ressourcer. Mais un malaise grandissant se répand au sein du service. Pourquoi le nouveau venu reste - t - il toujours planté en plein milieu du couloir à fixer le mur? 


Björn commence un nouvel emploi : il travaille dans l'Administration. Persuadé de faire de grandes choses et d'être extrêmement doué, il voue corps et âme à son travail. Ses collègues, manifestement, sont bien inférieurs à lui. De toute manière, il n'est pas là pour se faire des amis. Un jour, il découvre une pièce à côté des toilettes. Une pièce a priori banale mais dans laquelle il va pouvoir accomplir un travail encore meilleur! 

De leur côté, les collègues de Björn le voient comme quelqu'un d'assez spécial. Cette tendance va fortement s'accentuer quand tout d'un coup, ils voient Björn se poster face au mur pendant plusieurs minutes sans rien faire. Informant leur hiérarchie de ce comportement étrange, ils se détournent vite de lui, commencent à s'emporter et à l'insulter, le traitant de cinglé. 

Personne ne voit cette pièce, excepté Björn. 

Björn, c'est celui qui n'est pas "normal" mais c'est aussi le narrateur de cette histoire. Nous avons donc son point de vue : cette pièce existe vraiment. Selon lui, il est victime d'un complot où tout le monde est contre lui. Pour lui, tout le monde connaît l'existence de cette pièce mais fait semblant de ne pas la voir. Ce qu'il ne comprend pas, c'est pourquoi? Bienvenue dans la réalité de Björn. 

Les autres employés ont bien évidemment un tout autre point de vue : Björn est un fou, il faut qu'il aille se faire soigner. Et bien oui : parce que quand un individu n'est pas comme nous, il est forcément fou. Pourtant, Björn ne se considère pas comme cela : ce sont les autres qui sont fous! Il a seulement sa propre réalité, qu'il considère comme vraie. Imaginons que nous voyons de l'herbe, qu'on s'assoit dessus et qu'on nous dise que non, il n'y a pas d'herbe. Pourtant, nous la voyons, nous la ressentons même! Que se dirait - on? Mais c'est lui qui ne va pas bien! Pourquoi il me dit qu'il n'y a pas d'herbe alors qu'il y en a puisque je la vois! 

Tout le monde s'est ligué contre Björn parce que Björn n'est pas comme eux. Il est différent et ils ont peur. La différence fait peur. Pourtant, il ne fait de mal à personne. Bien au contraire, grâce à cette pièce, il fournit un travail excellent, bien meilleur que d'autres employés. Alors pourquoi s'acharner à lui en interdire l'accès? Pour le bien - être des autres? Et le bien - être de Björn alors? 
Finalement, cette interdiction va peu à peu le détruire puisque c'est une interdiction d'accéder à sa pensée. 

Un excellent personnage qui malgré son antipathie nous est rendu attachant de par sa différence et son courage, sa détermination à rester libre, libre de penser. 

Ma note : 4/5

Merci à Babelio et aux Editions Actes Sud. 

vendredi 20 mai 2016

Tu me manques

Dix - huit ans que Kat a perdu son père, flic abattu dans une rue de New - York. Et que son petit - ami, Jeff, l'a quittée sans explication. 

Aujourd'hui, Kat est flic à son tour. Toujours célibataire.
Sa meilleure amie l'inscrit sur un site de rencontres. Là, un visage. Le sien. Jeff, son premier amour.
Un contact. Froid. Etrange.
Le doute s'installe. Qui est - il?
Et puis, cet asolescent aux révélations troublantes.

Pour Kat, c'est le début de l'enquête la plus effroyable, la plus sordide, la plus risquée de sa carrière.

Des femmes piégées sur le net ; un tueur sadique en liberté ; des évènements sanglants déterrés du passé. 

Les mensonges qui nous lient peuvent - ils aussi nous tuer? Machiavélique, obsédant, terrifiant, le nouveau séisme du maître de vos nuits blanches.


Kat est flic et célibataire ... ce qui désespère sa meilleure amie qui décide de l'inscrire sur un site de rencontres. Kat lui en veut, elle n'a pas besoin de ça! Mais elle va quand même y jeter un oeil, par curiosité... Et puis elle tombe sur un profil, celui de Jeff, son ex - fiancé qui, bizarrement, semble l'avoir oubliée.
Peu de temps après, un adolescent vient voir Kat pour signaler la disparition inquiétante de sa mère, censée être partie en voyage avec Jeff.
Loin de là, Gérard se réveille dans l'obscurité : il est enfermé dans une boîte. Parfois, un homme vient le chercher et l'emmène dans une ferme.

Le début de ce roman compte de multiples intrigues : le cas "Jeff", qu'est - il devenu depuis toutes ces années, pourquoi a - t - il quitté Kat sans explications? ; la mort du père de Kat : son assassin présumé était - il réellement le coupable? ; la disparition de la mère de l'adolescent qui a tout l'air d'un charmant voyage en amoureux ; le kidnapping de Gérard, que va - t - il faire dans cette ferme?

C'est donc un peu le chaos dans notre tête et puis les fils se démêlent au fur et à mesure. On a certaines réponses tandis que d'autres questions s'ajoutent. On croit savoir et finalement non. C'est un enchaînement d'actions, une succession d'évènements et d'informations qui ne s'arrêtent jamais et on n'a d'ailleurs pas envie que cela s'arrête. Harlan Coben sait y faire pour nous tenir en haleine jusqu'au bout. Deux, trois touches d'humour par - ci et par - là et voilà le travail.

Kat, c'est la femme flic par excellence : déterminée, passant outre les ordres pour suivre son "instinct". C'est certes, un peu bateau, mais ça fonctionne.
J'ai beaucoup aimé le personnage d'Aqua, prof de yoga et ami de Kat, personnage complètement décalé qui amène un peu d'originalité et de fantaisie. J'ai un peu moins aimé la romance entre Kat et Jeff : trop américain!

Mais dans l'ensemble, un bon Harlan Coben!

Ma note : 4/5


Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar



mercredi 18 mai 2016

L'institutrice

Catégorie 3 du Défi Lecture : Un roman dont l'auteur est célèbre pour autre chose que l'écriture.

Institutrice dans un village d'Auvergne, Jeanne a vingt ans. La guerre vient de se terminer. Elle a laissé des cicatrices dans chaque existence, et l'heure des comptes n'est pas close. Jeanne aime son terroir, mais elle sait qu'elle le quittera pour découvrir le Paris mythique de la presse et des écrivains. Avec Henri, maître d'école lui aussi, ils rêvent une autre vie, taraudés par le souffle libérateur des années d'après - guerre.
Mais Jeanne rencontre Pierre, dont la femme, étrangement, s'est laissée mourir. Seul sur ses terres, mûr mais fragile, il touche la jeune institutrice et l'attire.




Jeanne est une jeune institutrice auvergnate. Bien qu'aimant beaucoup sa région et son métier, elle rêve de pouvoir aller un jour à Paris et de devenir journaliste. Seule dans son petit logement près du presbytère, elle passe d'agréables journées avec Henri qui exerce le même métier qu'elle. Ensemble, ils discutent, échangent leurs lectures et leurs rêves. Henri n'est pas insensible au charme de la jeune femme. Quant à Jeanne, elle est malgré elle fortement attirée par Pierre, le père d'un élève. Bien que la raison lui dicte de ne pas aller vers lui, elle ne peut s'en empêcher.

S'il n'y avait pas eu ce défi lecture, je pense que je n'aurai pas lu ce roman, trouvé par hasard en "free library". Néanmoins, j'étais curieuse de découvrir la Claire Chazal romancière.
C'est un roman que j'ai lu assez vite bien que l'histoire est loin de m'avoir passionnée. Pour moi ce fut une lecture platonique, il ne m'a fait ni chaud ni froid. J'étais peut - être aussi insensible que Jeanne l'est aux sentiments d'Henri. Jeanne, jeune femme des années d'après - guerre, indépendante, qui souhaite s'épanouir dans un métier qu'elle a choisit au lieu de choisir la voie du mariage et de la dépendance. Jeanne ne s'épanche pas sur les sentimentsn certains disent qu'elle est égoïste. Mais pour décider de faire quelque chose de sa vie, aussi librement que possible, il faut bien être un peu égoïste. Jeanne sait ce qu'elle veut et elle s'en donne les moyens, n'épargnant rien ni personne.

La visite de la région auvergnate m'a laissée de marbre, me perdant dans les nombreux noms inconnus de la campagne. Un roman qui me laisse quelque peu indifférente.

Ma note : 2/5

lundi 9 mai 2016

Lady Susan

Catégorie 46 du Défi Lecture 2016 : Un livre épistolaire

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau - frère, un riche banquier. Est - elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question...



Lady Susan accepte l'hospitalité ( pour ne pas dire s'invite), chez son beau - frère et sa belle - soeur car elle n'est plus bien acceptée dans le lieu où elle séjournait jusqu'alors. Elle aurait préféré aller à Londres mais ses finances ne le permettant pas, elle se résout à aller chez Mr & Mrs Vernon, loin, à la campagne. Mrs Vernon n'est pas vraiment enchantée de cette visite. La réputation de Susan étant loin des meilleures, elle se montre très méfiante dès le départ et surtout lorsqu'elle voit l'intérêt que son frère, qui vient d'arriver, lui porte tout à coup malgré les recommandations et les conseils de tous.

L'histoire nous est relatée par l'intermédiaire d'échanges de lettres entre les personnages. Des lettres inquiètes de la part de Mrs Vernon adressées à sa mère, Lady De Courcy, dans lesquelles elle écrit ses doutes quant à la sincérité et les intentions de Lady Susan. Des lettres de Lady Susan à son amie à Londres, Mme Johnson dans lesquelles on découvre la vraie facette de la veuve : son mépris, son esprit de manipulation, ses mensonges pour arriver à ses fins.

C'est un roman assez court avec la belle et soutenue écriture de Jane Austen dont on ne peut se lasser (quand on aime). Cette héroïne qui est Lady Susan est différente des autres de part son but (séduire à tout prix et pourquoi pas trouver un bon parti), de par les moyens dont elle use pour y accéder, de par sa façon de penser et de vivre, de son manque de romantisme et surtout de son manque d'amour.
On aurait bien envie de la détester cette méchante dame, cette anti - héroïne. Cependant, j'admire sa détermination, sa force de persuasion, sa capacité à rester digne et forte malgré tout, son assurance dans les pires moments. Néanmoins, la fin de l'histoire est méritée.

Je ne me lasse pas des romans de Jane Austen et de ses personnages aux caractères forts, de son écriture élégante et de sa charmante Angleterre.
Vous prendrez bien une autre tasse de thé?

Ma note : 4/5


Lu également dans le cadre du challenge A year in England


mercredi 4 mai 2016

L'appel du coucou

Catégorie 42 du Défi Lecture 2016 : Un livre écrit sous un pseudonyme

Une nuit d'hiver, dans un quartier chic de Londres, le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée. Suicide. Affaire classée. Jusqu'au jour où l'avocat John Bristow, frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike. 
Strike est au bout du rouleau : ex - lieutenant dans l'armée, il a perdu une jambe en Afghanistan, sa carrière de détective est au point au mort et sa vie privée un naufrage. Aidé par une jeune recrue intérimaire virtuose de l'Internet, Strike est chargé d'enquêter sur la mort de Lula. 
De boîtes de nuit branchées en palaces pour rock stars assaillies par les paparazzi, en passant par un centre de désintoxication et l'hôtel particulier où se meurt la mère adoptive de Lula, Strike va passer de l'autre côté du miroir glamour de la mode, dont les reflets chatoyants dissimulent un gouffre de secrets, de trahisons, de manoeuvres inspirées par la vengeance. 
Avec son intrigue haletante et sa galerie de personnages plus vrais que nature, L'appel du coucou, premier volet des aventures du détective Strike, s'inscrit dans la tradition du grand roman policier classique illustrée par Ruth Rendell ou P.D. James. Un coup de maître. 


Lula Landry, célèbre top - model britannique, est retrouvée morte en bas de chez elle. La police conclut à un suicide : elle s'est jetée de son balcon. John Bristow, son frère, ne croit pas à la thèse du suicide : pour lui, c'est un assassinat et pour le prouver, il demande l'aide de Cormoran Strike, détective privé endetté jusqu'au cou. 

Si Cormoran Strike a tout de l'apparence d'un charlatan, il n'en est pas moins un détective professionnel et sérieux. Ancien de la police militaire, il ne sort jamais sans son carnet et son stylo. L'affaire Lula Landry a tout d'un suicide et ce n'est pas ce que prétend la voisine de Lula, Tansy Bestigui, qui risque de changer quelque chose. Pourtant, au cours de toutes les investigations et vérifications du détective, des points vont sembler obscurs et les croyances de Strike vont peut - être finir par se transformer. Même si, au début, accepter cette enquête n'était qu'un moyen de régler partiellement ses dettes, elle va s'avérer plus qu'intéressante et beaucoup plus sérieuse que prévu. 
Grâce à Robin, sa secrétaire intérimaire qu'il n'a pas les moyens de payer, jeune, intelligente et perspiccace, Strike va petit à petit avancer dans l'enquête. 

Cela faisait un moment que ce roman me faisait de l'oeil, à force de le voir passer sur différents blogs et je n'ai absolument pas été déçue (comme ça peut être le cas parfois lorsque l'on entend que du bien d'un livre).
Bien sûr, on sait d'avance que ce n'est pas un suicide, sinon pourquoi en faire un roman? Bien sûr, on sait que Robin ne va pas s'en aller, sinon quel serait l'intérêt de s'appesantir sur le personnage? Bien sûr ... non je ne vais en dire davantage. 

J'aime beaucoup les personnages : je les trouve moins clichés que certains autres personnages de roman. 
L'enquête du détective suit son cours tranquillement, pas à pas. Le rythme est assez stable tout du long. Pas de précipitation, pas de conclusions hâtives, pas de suspense haletant non plus ... mais on en est pas moins tenu en alerte tout de même. Il y a une certaine constance que j'ai pas mal apprécié finalement. Doucement mais sûrement. On tourne les pages avec envie et hâte d'en savoir plus à chaque fois. 
Je ne fais pas partie des lecteurs qui analysent les indices pour trouver le coupable, j'aime me laisser porter mais ici, il m'est apparu assez évident (même si on est jamais sûrs de rien). 

Un bon roman policier anglais que je vous conseille sans hésitation! 

Ma note : 4/5
Ce roman participe à trois autres challenges :







La scène des souvenirs

Suffolk, 2011. La célèbre actrice Laurel Nicolson se rend au chevet de sa mère mourante. Alors qu'elles parcourent ensemble un album de...