mardi 27 juin 2017

Le cri

Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. A l'aube d'une nuit glaciale, le corps d'un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre...
Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule? Pourquoi le personnel de l'hôpital semble si peu à l'aise avec l'identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans?
Pour Sarah, c'est le début d'une enquête terrifiante qui la mène de Londres à l'île de l'Ascension, des mines du Minnesota aux hauteurs du vieux Nice.
Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d'un journaliste d'investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse sur l'une des questions qui hante chacun d'entre nous : la vie après la mort...
Et la réponse, enfouie dans des laboratoires ultrasecrets, pourrait bien affoler plus encore que la question!



À vrai dire, cela fait déjà un moment que je l'ai lu, quelques mois...oui j'ai pris énormément de retard sur mes chroniques. Donc, je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai oublié mais disons que ce petit compte-rendu sera peut-être court. 

Ce thriller commence très bien puisqu'on est de suite captivés par l'histoire : un cadavre est découvert dans un hôpital psychiatrique, celui d'un patient nommé 488. En effet, personne n'a eu connaissance de son identité depuis qu'il est entré ici il y a trente-cinq ans et son surnom vient de la cicatrice qu'il possède sur le front: 488. 

Au cours de son enquête, l'inspectrice Sarah Geringën va croiser le chemin de Christopher, un journaliste français dont le frère est tragiquement mort dans un accident de voiture. Ce qu'ils vont découvrir tous les deux vont les amener à enquêter ensemble et surtout, à enquêter vite lorsque le neveu de Christopher est kidnappé par un certain Lazar.

Beaucoup d'énigmes et de suspense qui donnent à ce thriller un rythme soutenu. On a rarement le temps de se reposer, tout comme les personnages du roman. Il faut avancer vite car le temps est compté. Il faut réfléchir malgré l'invraisemblance des découvertes, une réalité presque pénible parfois. Connaître la vérité a un prix...

Le fond de l'histoire est vraiment intéressant d'autant plus que l'auteur s'est inspiré de faits historiques. Un mélange de science, de psychologie et de théologie. 

Pour autant, même si j'ai bien accroché, je suis un peu déçue par l'action finale, un peu trop "américanisée" à mon goût. Et la prévisibilité de la relation entre l'inspectrice et le journaliste m'a laissé de marbre.

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois (491 pages)



Du challenge thriller et polar



Et du Défi Lecture 2017, Catégorie 29 : un livre se déroulant dans un hôpital psychiatrique.

jeudi 22 juin 2017

Jules

A trente ans, Alice recouvre la vue. Pour Jules, son chien guide, c'est une catastrophe. Il perd son rôle, son but sur terre. En plus, on les sépare. Alors, il sa raccroche à moi. En moins de vingt-quatre heures, ce labrador en déroute me fait perdre mon emploi, mon logement, tous mes repères.
Il ne me reste plus qu'une obsession-la sienne: retrouver la jeune femme qui nous a brisé le coeur.
Entre une miraculée de la chirurgie et un vendeur de macarons, une histoire de renaissance mutuelle et de passion volcanique orchestrée, avec l'énergie du désespoir, par le plus roublard des chiens d'aveugle.



Didier Van Cauwlaert fut pendant un moment mon auteur fétiche. Je lisais tous ces livres, mon préféré étant L'éducation d'une fée. Et puis la passion s'est amenuisée, sans raison, comme ça. Et puis je me suis dit que ça faisait tellement longtemps, que tant de ses livres je n'avais pas lu, que je me suis décidée à renouer. J'ai choisi Jules.

Jules, c'est un chien. Mais pas n'importe quel chien. Un chien d'aveugle et plus précisément celui d'Alice. Alice, qui va bientôt recouvrer la vue et qui n'aura plus besoin de Jules. Juste avant son opération, elle fait la connaissance de Mr Macaron, un vendeur du stand Ladurée à la gare. Pour lui, c'est le coup de foudre. Pour elle, c'est encore un relou dragueur, même s'il paraît plus sympa que les autres.

Après son opération, Jules déprime, il ne sert plus à rien. Il est décidé qu'il irait s'occuper d'un autre aveugle. Alice va prendre le large quelque temps, pour oublier...et Jules s'échappe jusqu'au stand Ladurée.

Jules, on s'y attache beaucoup. Avec son flair, son intelligence et son amour, on ne peut rester insensible à son charme. C'est bien sûr lui le héros du roman. C'est pour lui que Mr Macaron doit retrouver Alice. C'est Jules qui mène Mr Macaron par le bout des pattes. C'est lui qu'on emmène voir un psychologue. C'est lui qu'on a envie de voir heureux.

J'aime beaucoup comment l'auteur nous emmène dans les sentiments des personnages, entre réalité et magie même si dans ce roman, cet aspect m'a moins frappé. Il met toujours aussi une touche d'humour que j'aime beaucoup.

Jules a vraiment été mon héros. Je n'ai jamais eu de chien et je n'ai jamais eu envie d'en avoir non plus. Mais j'ai toujours été sensible à leur humanité en quelque sorte.
En revanche, si j'ai aimé la rencontre entre Alice et Mr Macaron, j'ai moins apprécié la suite de leur histoire, trop brute. Elle m'a semblé peu crédible ou en tous cas, pas assez "sentimentale". Elle commençait pourtant bien.

J'ai vu qu'il y avait une suite, c'est d'ailleurs pour cela que j'ai acheté ce livre. Je suppose que je la lirai alors. Car je me demande bien ce qu'il peut arriver ensuite à ce cher Jules (et Alice? Et Mr Macaron?).

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2017, Catégorie 34: Un livre d'un auteur que j'aime et que je n'ai pas lu.

vendredi 9 juin 2017

Preuves d'amour

Tessa Leoni, officier de police respecté, a abattu son mari en lui tirant trois balles dans le corps avec son arme de service. Elle ne supportait plus la violence de ce dernier. C'est la version qu'elle donne à l'inspectrice D.D Warren lorsque celle-ci arrive sur les lieux. Mais, si les bleus sur le visage de la jeune femme sont irréfutables, il y a une chose que D.D Warren ne s'explique pas: sa petite fille de six ans a disparu, et Tessa reste évasive à ce sujet. Que cherche-t-elle à cacher? Les deux femmes vont s'affronter pour une même cause: la survie de l'enfant.



Tout porte à croire, à première vue, que Tessa Leoni a bien tué son mari et qu'elle fait partie de ces femmes qui taisent et cachent la violence de leur mari. 
Pourtant, si l'on en croit les témoignages de quelques proches de Brian, ce n'était pas un homme violent bien au contraire, c'était un homme d'une extrême gentillesse. Qu'est-ce qui a donc poussé Tessa à mentir à son sujet et qui l'a amochée ainsi? 

Je connaissais Tessa Leoni, personnage présent dans un autre roman de Lisa Gardner : Famille parfaite , où Tessa Leoni est un détective privé. Ici, c'est le début de son histoire, Tessa est un agent de police et elle est mariée. J'étais un peu perdue au début car j'essayais de me rappeler ce que Famille parfaite racontait sur elle et ce n'était pas très clair dans ma tête. J'ai finalement arrêté de chercher pour me concentrer sur cette histoire : très intrigante et très prenante. En général, entre moi et Lisa Gardner, ça passe plutôt bien mais soit j'aime, soit je suis un peu déçue. 

Pour Preuves d'amour, je n'ai pas été déçue du tout. Des tas de questions se posent, on a beau les retourner dans tous les sens, pas le moindre indice...Les enquêteurs sont un peu plus sûrs d'eux : C'est bien Tessa qui a fait le coup, il n'y a aucun doute. Il faut maintenant établir les circonstances pour la mettre en prison et le plus urgent : retrouver Sophie, la fille de Tessa. D.D Warren, la responsable de l'enquête, m'a un peu énervée. Trop sûre d'elle, un peu arrogante même, qui a sur cette enquête, manqué un peu de flair et surtout d'objectivité : elle s'est inventée une espèce de rivalité avec Tessa qui lui a fait perdre un peu de son professionnalisme. Heureusement, son coéquipier a un peu relevé le niveau. 

Malgré le sens très "américain" qu'a pris l'histoire et une Tessa "super woman", "super maman" qui fait tout pour sauver sa fille, il faut dire que son plan était très ingénieux et intelligent. 

On se laisse embarqué volontiers dans ce policier sans faire d'histoires. Un roman policier par une femme et pour les femmes : j'aurai bien aimé un peu plus de "virilité" masculine que de "rivalité" féminine. Mais ce Lisa Gardner a fait son effet. 

Lu dans le cadre du Défi Lecture, Catégorie 69 : Un livre lu pour un autre défi

Du Challenge Thriller et Polar


Et du challenge 1 pavé par mois (528 pages)






vendredi 19 mai 2017

Le tailleur de pierre

"La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer. Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l'avoir esquintée. Il jeta un coup d'oeil par-dessus bord mais ce qu'il vit n'était pas le casier. C'était une main blanche qui fendit la surface agitée de l'eau et sembla montrer le ciel l'espace d'un instant.
Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs..."
Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l'eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu'un l'a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille?
Alors qu'Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu'il est bouleversé d'être papa, Patrick Hedström mène l'enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations humaines - querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles - dont les origines peuvent remonter jusqu'aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.


Erica vient d'accoucher. Alors qu'elle entame une sorte de Baby Blues, Patrick, son compagnon, est ravi de pouvoir échapper à ce nouveau quotidien en s'immergeant dans le travail. Malheureusement, la nouvelle enquête qui vient de s'ouvrir ne va pas lui remonter le moral, loin de là. Une petite fille est retrouvée morte, noyée. Quand il l'aperçoit, il ne peut cacher sa stupéfaction : c'est Sara, la fille de Charlotte, proche amie d'Erica. 

Le meurtre d'un enfant est souvent perçu comme un horrible crime, bien pire que celui d'un adulte. Bien sûr, qui peut bien en vouloir à un enfant? Patrick et son équipe sont un peu dans l'impasse, ils n'ont aucun indice pour démarrer l'enquête. Comme il faut bien commencer quelque part, ils se penchent sur le voisin de la famille. Depuis plusieurs années, la grand-mère de Sara est en conflit permanent avec lui. Se serait-il vengé sur la petite? 
Les soupçons se portent également  sur le fils dudit voisin, un jeune homme étrange qui présente des troubles du comportement. Est-ce une raison suffisante pour l'accuser?
Et les parents de Sara? Où était le père de la fillette au moment des faits? 

Pédophilie, adultère...chacun ses secrets. Préjugés, précipitation, intuitions, chacun sa manière de voir les choses. 

En parallèle, nous suivons l'histoire d'Agnès, une jeune fille hautaine et arrogante qui s'éprend d'un ouvrier tailleur de pierre, à ses risques et périls. Je me suis longtemps posé la question du rapport entre Agnès et la petite fille noyée car forcément il y en a un. Finalement, tout s'est éclairé bien avant la fin du roman. 

Pendant ce temps, Erica gère comme elle peut son baby blues. Quant à Anna, sa soeur, personne n'a de nouvelles : elle tente de survivre et de protéger ses enfants de son mari violent. 

Encore un bon polar de Camilla Läckberg, même si le suspens n'est pas à son comble jusqu'à la fin (les doutes sur l'identité du coupable s'intensifient de page en page).  Il s'agit du troisième roman des enquêtes de Patrick Hedström et pour l'instant je ne m'en lasse pas. 

Lu dans le cadre du Challenge Thriller et Polar


Et du Défi Lecture 2017, Catégorie 22 : Un livre dans lequel il pleut (oui, il pleut en Suède). 



vendredi 21 avril 2017

La vengeance d'Eva

Eva, étudiante à Moscou, rentre chez elle et découvre son petit ami, Sacha, gisant dans une mare de sang. Le jeune homme pousse son dernier soupir dans ses bras. Sacha travaillait à l'élaboration de médicaments contre le cancer et Eva est persuadée que son plus proche collaborateur, Georges, est responsable de sa mort. Mais le Français est introuvable...
Eva quitte la Russie pour Biarritz où vit le fils de Georges, Max, et se fait embaucher dans l'entreprise de ce dernier. Alors qu'elle s'immisce petit à petit dans sa vie, Eva tombe sous le charme. L'amour et la vengeance sont-ils compatibles? 


J'avoue, la première raison pour laquelle j'ai acheté ce livre, c'est pour la Russie. La Russie m'attire voyez-vous donc je n'ai pas pu résister. 
Nous voici à Moscou où Eva, qui rentre de son travail de danseuse légèrement dénudée, trouve son petit-ami Sacha, se vidant de son sang. 
Un an et demi plus tard, Eva s'échappe de l'appartement haut standing de Max, une poupée matriochka dans les mains. 
Max découvre qu'elle travaille à la section traduction de son entreprise et décide de lui donner une promotion afin de l'avoir à l'oeil. Propulsée au rang très prisé d'assistante de direction sans avoir rien demandé, elle va pouvoir plus facilement exécuter son plan, à savoir : comprendre et venger la mort de Sacha. 

Le titre de ce roman est très explicite : la vengeance. Pourtant, en lisant cette histoire, ce n'est pas ce que j'en ai retenu. Dans la majorité du roman, il s'agit de comprendre pourquoi Sacha est mort. Alors oui dans son esprit, elle veut se venger mais elle ne sait pas trop de quoi et contre qui exercer sa vengeance. Il s'agit plutôt pour ma part, d'une enquête sur les circonstances de la mort de son petit-ami, enquête personnelle qui va relier les personnages de Sacha, Max et Georges, le père de Max. Il y a aussi beaucoup de romance. Eva est belle  naturellement et suscite bien des convoitises. Max, même s'il se méfie d'elle et de ses intentions, va succomber vite fait à ses charmes. Alex, l'associé de Max, n'est pas en reste non plus et trouve aussi un léger penchant pour les russes...

L'enquête sur les raisons de l'assassinat de Sacha amène sur un sujet fort intéressant : une recherche sur un traitement du cancer, rien que ça. Sujet qui tenait à coeur au père de Max, il y a consacré toute sa vie. Est-il lui aussi mort à cause de cela? 

On tourne quand même pas mal autour du pot. Eva n'est pas prête à se confier et chacun fait un peu son enquête de son côté. Finalement, on en apprend plus grâce à Max qui souhaite en savoir plus sur Eva que ce qu'elle ne veut bien lui dire. 

En ce qui concerne les personnages, ils manquent un peu d'envergure. Trop gentils, trop beaux, trop intelligents. Ils n'ont pour ainsi dire pas de zone d'ombre. Max est un patron formidable qui traite bien ses employés. Il est beau et riche, un parti très intéressant...même en quittant sa compagne de longue date, il reste sympa. Alex pourrait être le personnage "mauvais garçon" mais non, il est lui aussi beau et gentil et en plus, il recherche le grand amour! Eva est belle et en plus, elle est intelligente, il serait stupide de tomber dans le cliché de la blonde sans cervelle...Des personnages sympas mais vraiment trop lisses et qui ont un léger penchant pour l'auto-apitoiement.  

Mis à part ça l'intrigue est bonne, très bonne même! Il aurait été super intéressant de se pencher encore plus précisément sur l'étude de Georges car c'est un très bon sujet. 
Et puis bien sûr, j'ai aimé ces quelques petites balades en Russie...

Mes réflexions sur ce roman sont faites avec le recul. N'ayez crainte, sur le moment, c'était une lecture vraiment agréable. 

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2017, Catégorie 8 : Un livre qui raconte l'histoire d'une vengeance.

Et du challenge 1 pavé par mois (473 pages)




mardi 18 avril 2017

J'ai toujours cette musique dans la tête

Yanis et Véra ont la petite quarantaine et tout pour être heureux. Ils s'aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Seulement voilà, Yanis, talentueux autodidacte dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse LE chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par Tristan, un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin.

Mais la vie, qui semblait devenir un rêve éveillé, va soudain prendre une tournure plus sombre. Yanis saura-t-il échapper à une spirale infernal sans emporter Véra? Son couple résistera-t-il aux ambitions de leur entourage?


J'attends toujours avec impatience les nouveaux romans d'Agnès Martin - Lugand. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, vu que le précédent m'avait déçue, j'espérais beaucoup mieux c'est sûr. Pari gagné avec cette nouvelle histoire et ces nouveaux personnages.

Yanis et Véra sont fous amoureux malgré trois enfants et plusieurs années de mariage derrière eux. Ils habitent dans un bel appartement parisien qu'ils ont refait à leur goût, Yanis travaillant dans un cabinet d'architecte. Ils ont une belle vie, simple mais tellement heureuse. Ils ont la recette pour faire du quotidien et de la routine des moments précieux : préparer le petit déjeuner, lire des histoires aux enfants, donner un baiser avant de refermer la porte...On sent l'amour et la joie de vivre.

Mais Yanis en a marre de son boulot. Avec Luc, son patron et son beau-frère, qui ne lui laisse rien faire, il a besoin d'air. Il aimerait exprimer toute sa créativité mais celle-ci est étouffée par la froideur et les critiques de Luc. Et puis, il rencontre Tristan. Tristan veut absolument travailler avec Yanis et lui offre son rêve sur un plateau : monter son entreprise. Alors que Véra se montre méfiante au début face à cet ange gardien tombé du ciel, elle s'engouffre avec Yanis dans leur tout nouveau bonheur. 

Une histoire qui peut paraître banale oui...mais c'est ce qui nous rapproche encore plus de cette histoire et de Yanis et Véra. On pourrait tous être Yanis et Véra.
Véra, assumant le quotidien avec ses trois enfants, le ménage, les courses et son travail dans une agence de voyages. Sans oublier de prendre du temps pour elle de temps en temps c'est-à-dire, déjeuner avec sa meilleure amie Charlotte tous les Mardi. Véra, passionnément amoureuse de son mari, le désirant toujours autant malgré les années, l'admirant et le soutenant en toutes occasions.
Yanis, aimant par-dessus tout sa famille, est celui qui égaye le quotidien de tout le monde en improvisant par exemple un week-end au bord de la mer. Toujours souriant et heureux d'être avec ceux qu'ils aiment, il rêve pour autant d'un travail plus enrichissant et plus glorifiant. Mais Yanis manque cruellement de confiance en lui, c'est ce qui lui fait défaut. Alors quand Tristan débarque dans sa vie et lui vante toutes ses qualités...

Alors que dans son dernier roman, les personnages m'avaient moyennement inspirée, ici, je les ai adoré. C'est monsieur et madame Tout le monde "en mieux". Ce sont des gens simples avec une vie tout à fait normale. Ils pourraient être nos potes, on s'inviterait le samedi soir et nos enfants joueraient ensemble...
La force de ce roman sont donc les personnages et ce qui les unit. On a l'impression que leur couple est d'acier et que rien ne peut les détruire. C'est d'ailleurs ce que nous pensons tous dans notre propre vie, sinon à quoi bon s'engager dans un mariage?  Or, le destin va se charger de les éprouver et pas qu'un peu. Malgré leur amour et leur attachement, ils vont devoir endurer beaucoup de sentiments mélangés. Vont - ils parvenir à surmonter ce qui les attend?

Le petit plus : le personnage de Tristan. On sait dès le début qu'il y a un truc qui cloche puisque le roman commence avec lui. Ce qu'on ne sait pas, c'est où veut-il en venir? Il pourrait paraître un peu moins proche de la réalité que les autres mais ne nous voilons pas la face, ce genre d'êtres humains existent malheureusement.

Dans ce roman, il y a : de l'amour, de l'amitié, des enfants qui crient et qui se chamaillent, une maman qui court après le temps, une maman heureuse, un papa foufou, une maman fatiguée, des enfants qui rient, des enfants qui pleurent, du bonheur, des désillusions, des vies qui partent en vrille, des vacances à la mer, un papa qu'on ne voit plus, des rêves qui se réalisent (ou pas), des questionnements sur le couple, sur les rêves, sur la vie...

Filez vite lire ce dernier roman d'Agnès Martin-Lugand. J'étais au bord du coup de coeur.

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2017, Catégorie 32 : Un livre publié cette année.


mardi 11 avril 2017

Les heures lointaines

Lorsqu'elle reçoit une lettre avec cinquante ans de retard, Meredith Burchill plonge dans un passé oublié. Elle se souvient de ce mois de Septembre 1939 où elle a été évacuée de Londres et envoyée chez des aristocrates du Kent.Elle se souvient, mais ne veut pas en parler.
Décidée à en savoir davantage, Edith, sa fille, se rend dans le Kent, au château de Milderhust, cette étrange demeure pleine de portes condamnées et de passages secrets...


Edie Burchill travaille dans l'édition. Passionnée par la littérature, son envie de lire a débuté avec la lecture d'un classique anglais : La véridique histoire de l'homme de boue de Raymond Blythe. Sans s'en rendre compte, la voiture qu'elle conduit va l'emmener tout droit vers Milderhust Castle, la demeure ou à vécu l'auteur et où séjournent encore ses filles devenues vieilles dames. Edie va faire la connaissance de Percy, Saffy et Juniper, toutes plus mystérieuses les unes que les autres tout comme cette grande demeure qui cache de lourds secrets. Lorsque Juniper Blythe prononce le prénom de la mère d'Edie, Meredith, c'est le début de la quête d'Edie : celle de la vérité. 

Troisième roman que je lis de cette auteure et tous ont la même structure, le même mode de fonctionnement. Une enquête dans le présent, des bonds de plusieurs années en arrière, des secrets qui remontent à la surface, des fils qui se dénouent peu à peu...Je commence fortement à apprécier cette constance. Loin de m'en lasser, j'aime tous ces points communs entre ses romans : les sauts dans le passé, les retours dans le présent, le fait qu'il y ait toujours un personnage "écrivain", la tantôt jolie puis sombre campagne anglaise...Ces romans présentent beaucoup d'attraits.
Passant d'une année à une autre, on traverse les époques en démêlant les secrets qui traînent autour de la famille Blythe. On fait des suppositions, on émet des hypothèses, le plus souvent on se trompe. On est aussi perdus qu'Edie dans ce terrible sac de noeuds! Mais on a autant envie qu'elle de savoir où se situe le vrai du faux. On apprécie sa discrétion, son respect et son humilité. 

Venons en à l'histoire et aux personnages :
Edie Burchill : fille de Meredith. Elle travaille dans l'édition et surprend sa mère totalement troublée par une lettre débarquant d'une autre époque. Piquée par la curiosité mais entretenant une relation plutôt distante avec sa mère, elle a plus de questions que de réponses. Fraîchement célibataire, intelligente et plutôt réservée, passionnée par Raymond Blythe, son coeur et sa tête l'emmènent droit vers le château de Midlehurst.
Meredith : mère d'Edie, elle a été une enfant évacuée de Londres pendant la seconde guerre mondiale. Recueillie par les soeurs Blythe, elle a séjourné un moment au château et Juniper fut la meilleure amie qu'elle ait jamais eue.
Percy Blythe : femme de caractère, très attachée au château, elle ne l'a jamais quitté et a d'ailleurs tout fait pour le conserver. Sa mission principale fut de protéger ses deux soeurs et notamment leurs secrets.
Saffy Blythe : jumelle de Percy. Malgré ses ambitions et ses rêves de jeunesse, elle fut contrainte de rester vivre au château. Se reposant le plus souvent sur sa soeur Percy, la plus forte, elle a néanmoins son petit caractère et avant tout, elle voue une affection débordante pour sa jeune soeur Juniper.
Juniper Blythe : la plus jeune des trois soeurs et aussi la plus mystérieuse. Belle, intelligente, spontanée mais lunatique et fragile, Juniper est difficile à cerner et à approcher. Elle passera elle aussi toute sa vie au château depuis ce jour où son fiancé n'est jamais venu la rejoindre et où elle a sombré dans la folie.
Thomas Cavill : ancien instituteur de Meredith, soldat de la seconde guerre mondiale et futur mari de Juniper, il a disparu le soir où il devait être présenté à Percy et Saffy Blythe.
Raymond Blythe : grand écrivain, papa adoré de ses filles, il vécut pourtant les dernières années de sa vie enfermé dans tour, poursuivi par ses démons. 


C'est une bien triste histoire au final mais contrairement à L'enfant du lac, je n'ai pas été déçue par la fin.

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2017, Catégorie 33, Un livre écrit par une femme.

et dans le cadre du Challenge 1 pavé par mois (832 pages)




Le cri

Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. A l'aube d'une nuit glaciale, le corps d'un patient est retrouvé étranglé dans sa cellu...