samedi 4 novembre 2017

La scène des souvenirs

Suffolk, 2011. La célèbre actrice Laurel Nicolson se rend au chevet de sa mère mourante. Alors qu'elles parcourent ensemble un album de famille, une photo s'échappe-un instantané que Laurel n'a jamais vu. L'une des deux jeunes femmes est bien sa mère, Dorothy, mais l'autre? Sans s'en douter, Laurel vient d'ouvrir la boîte de Pandore, libérant les secrets, et les souvenirs. Ceux de Dorothy, qui dorment sous les décombres des bombardements londoniens de 1941, mais aussi les siens- ce terrible et brûlant été de son enfance.


Dans les années 60, Laurel était adolescente. Tranquillement installée dans sa cabane, légèrement éloignée de la maison, elle peut rêvasser et songer à sa vie future avec son amoureux sans être dérangée. Jusqu'à ce qu'elle aperçoive une silhouette se dirigeant droit vers la maison dans laquelle Dorothy, sa mère est entrée avec le bébé. Laurel assiste alors à une scène épouvantable qu'elle tentera de refouler des années durant.
Peu avant la seconde guerre mondiale, Dorothy Smitham, qu'on appelle familièrement Dolly, est une jeune fille amoureuse et ambitieuse. Elle quitte la maison familiale sous la désapprobation de ses parents pour s'installer à Londres et rêve de son avenir joyeux avec Jimmy. Mais la guerre éclate et arrive avec elle les désillusions. Heureusement, il y a son amie Vivien.
Mais revenons à notre époque, le XXIème siècle. Dorothy est âgée et malade. Elle est très faible et le pronostic n'est guère favorable. Laurel prend quelques jours de vacances pour rester auprès d'elle.  Elle tombe alors par hasard sur une photo: une photo de sa mère et d'une autre jeune femme dont elle n'a jamais entendu parlé. Intriguée, Laurel souhaite en savoir un peu plus et mène alors sa petite enquête. Dans ses rares moments de lucidité, Dorothy se met à parler. Mais ce qu'elle dit n'aide pas Laurel, bien au contraire, cela suscite encore plus de questions. Qui est Jimmy? Pourquoi Dorothy parle de seconde chance? Et puis, lui revient en mémoire la scène de son adolescence...Comment démêler ce sac de noeuds? 

Encore une histoire rudement bien ficelée par Kate Morton. On retrouve tous les thèmes phares de Kate Morton, l'amour, l'amitié, les liens familiaux, les secrets, les mensonges, les livres...et ses intrigues en veux-tu en voilà. Car jusqu'à la fin du roman, malgré les indices semés ici et là, les réponses à nos questions sont encore vagues. Un dénouement que je trouve surprenant, en ce qui me concerne (et cela me ravit car j'avais été déçu par la fin de L'enfant du lac). 

Mes passages préférés constituent tous les chapitres concernant la jeunesse de Dorothy. Son idylle avec Jimmy, ses débuts à Londres, son emploi auprès de lady Gwendolyn, son amitié avec Vivien. Vivien...personnage finalement très important de ce roman. On oscille d'ailleurs entre attachement et révolte envers cette jeune femme. Vivien est très belle, elle est présentée d'ailleurs comme une sorte de fée, un personnage presque irréel de part sa beauté et sa pureté. On la croit aussi fort gentille et raisonnable selon les dires de Dolly. On serait tenté d'être jaloux d'ailleurs, si on était Dolly. Même si Dolly est belle aussi, c'est Jimmy qui l'a dit. Mais l'histoire fait que ces sentiments vont changer au fur et à mesure du roman et ce, plusieurs fois. Notre coeur fait le yo-yo et on ne sait plus qui l'on préfère: Dorothy? Vivien? Vivien? Dorothy? 

Forcément, tout cela a un rapport avec un homme et même plusieurs: Jimmy, l'amoureux de Dolly et Henry, le mari de Vivien. 
Jimmy, un homme bon et généreux. Un homme bien sous tous rapports. Un homme un peu trop bien en fait. Alors qu'au début, je le trouvais plutôt sympathique et attachant, après je m'en suis lassée. Il devenait un peu trop ennuyeux à mon goût. 
Je vous laisse découvrir Henry par vous-même, un écrivain à succès qui a sombré dans la dépression (ne voyez-vous pas là une ressemblance avec un autre personnage de Kate Morton). 

Encore un excellent roman de Kate Morton, à lire absolument! 

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois (689 pages)


Et du Défi Lecture 2017: Catégorie 41 Un roman d'un auteur australien


samedi 30 septembre 2017

Les âmes vagabondes

Il est temps que je me remette à mes chroniques car je suis très très en retard. Le livre qui suit, je l'ai lu en...Juillet!


La Terre est envahie. L'humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Melanie Stryder vient d'être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l'être qui tente de la posséder. Quelque part, caché dans le désert, il y a un homme qu'elle ne peut pas oublier. L'amour pourra-t-il la sauver?


Je ne suis en général pas très portée sur ce genre de livres. Mais j'ai voulu découvrir celui-ci, écrit par l'auteur de la série des "Twilight", à destination des adultes cette-fois. 

Comme je ne suis pas une grande habituée, j'ai eu un peu de mal au début à me représenter les faits. Un corps humain sur une table d'opération...L'introduction d'une âme dans ce corps, âme qui va prendre possession du corps pour y vivre...

Le corps, c'est celui de Melanie. Elle tentait de fuir les traqueurs, ceux qui cherchent les derniers humains afin de prendre possession de leurs corps et ainsi contrôler la planète. Ce qui est assez déstabilisant, c'est que les âmes ne sont pas méchantes, elles vivent dans la paix et la bienveillance envers autrui, ce qui semble un peu manquer dans notre monde en fait! Mais bon, même si c'est un monde quelque peu merveilleux dans lequel finalement on serait prêt à vivre, on n'est pas prêts pour autant à laisser détruire notre espèce (à moins d'être hyper altruiste!). 

Bref, l'âme qui se retrouve dans le corps de Melanie a une mission: informer les traqueurs (enfin une traqueuse en particulier, très antipathique), grâce aux souvenirs de Melanie, d'une éventuelle trace du reste de sa famille, cachée quelque part. Fastoche! 

Sauf que l'âme se retrouve confrontée à un problème: Melanie n'est pas tout à fait partie...son esprit est encore là et intervient dans les pensées de l'âme, notamment en cachant certains souvenirs. L'âme est décontenancée: alors que des souvenirs font surface, elle se trouve  absorbée par les émotions de Melanie. Alors qu'elle doit livrer Jared et Jimmy aux traqueurs, elle se met à les aimer. 

L'âme a alors un but: retrouver Jared et Jimmy, pour Melanie, et pour elle...Mais la traqueuse porte bien son nom, elle ne lâchera pas l'âme d'une semelle. 

Avec l'âme et l'esprit de Melanie, nous plongeons dans un monde sous-terrain tout à fait incroyable où une tripotée d'humains tentent de survivre tant bien que mal. L'âme, elle, se retrouve prisonnière. Prisonnière dans une cellule souterraine et prisonnière de ses sentiments. 

C'est une sensation étrange et nouvelle pour l'âme: les sentiments humains sont très forts. Les mondes dans lesquels elle a vécu auparavant n'avaient rien à voir avec la force des émotions qu'elle ressent. Son hôte, car c'est comme cela qu'on appelle les corps investis par l'âme, ne lui est pas étranger. Elle éprouve même une certaine amitié pour Melanie. 

Comment va-t-elle survivre parmi ces humains, ses ennemis?
Pourquoi ne l'ont-ils pas tué tout de suite, elle qui pourrait les trahir.

Elle a retrouvé Jimmy, le frère de Melanie, et Jared...et elle ne veut pas les quitter. 

Mais comment prouver sa bonne fois à une communauté hostile?

Comment dire que j'ai adoré? Déjà, avec tout ce que j'ai écrit...plus j'aime, plus je parle, même si c'est pour ne rien dire!

C'est un roman particulièrement prenant qui plonge dans la multitude des sentiments humains: la peur, la jalousie, la trahison, l'espoir, l'amitié, la culpabilité, le désespoir, le sacrifice, et l'amour! Tous les personnages ont leur propre personnalité, toutes très fortes. 
On s'identifie forcément aux humains, on comprend leurs raisons de se méfier de cette "étrangère". Mais d'un autre côté, nous voudrions que tout se passe bien pour elle, nous savons que c'est une bonne personne (car oui, c'est une personne, même si ce n'est qu'une âme incorporée dans un corps). 

On ne sait pas comment tout cela va se terminer. C'est trop compliqué. Ils sont dans une situation tellement peu banale. Bon peut-être que si j'étais une fervente lectrice de ce genre j'aurai su...Et c'est peut-être parce que je ne voyais pas la solution que j'ai tellement aimé ce roman. Très intense. 

Une surprise, une lecture inattendue.

Un monde utopique: mais quel monde! Et si les humains avaient un peu plus de "bons sentiments"? Certes, le monde des âmes, c'est un peu le monde des bisounours. Tout le monde est heureux, tout le monde travaille, tout le monde a un foyer où rentrer le soir, tout le monde est poli et courtois, tout le monde est altruiste et bienveillant avec les autres. 
Peut-être que cette lecture serait bénéfique à certains humains! 
Enfin, tout ça, ça fait du bien.

Je vous souhaite une aussi bonne lecture que la mienne! 


Une nouvelle lecture pour le Challenge de Bianca (617 pages)


Et une autre participation au Défi Lecture 2017: Catégorie 28, Une dystopie


vendredi 18 août 2017

Arrêtez-moi

Que feriez-vous si vous connaissiez le jour et l'heure exacts de votre mort? Pour Charlie Grant, ce sera le 21 janvier à 8 heures précises, dans quatre jours. Comme ses deux meilleures amies. Et elle souhaite que ce soit l'inspectrice D.D. Warren de la police de Boston qui se charge de l'enquête. Prise par la traque d'un tueur de pédophiles, D.D. accepte à contrecoeur. Mais dès qu'elle plonge dans le passé de la jeune femme, son instinct lui souffle que celle - ci ne lui a pas tout dit...Un coupable peut en cacher un autre: avec Lisa Gardner, il faut toujours se méfier des apparences!


D.D. Warren coule des jours heureux avec son bébé tout neuf et son conjoint. À quarante ans, elle ne pensait plus à avoir une vie de femme et de maman comblée. Elle qui ne pensait qu'à son boulot voit maintenant sa vie sous un autre angle.
Pourtant, une nouvelle enquête se profile: le meurtre d'un pédophile. C'est non loin de cette scène de crime qu'elle fait la connaissance de Charlene Rosalind Carter Grant alias Charlie, une jeune femme à la requête étrange. Persuadée d'être bientôt la victime d'un assassinat, le 21 Janvier exactement, comme ses deux meilleures amies, elle souhaite que D.D s'occupe de cette "future affaire". 
Mais avant, Charlie s'occupe de son entraînement. Elle va mourir, certes, mais elle veut tout de même pouvoir se défendre le jour J, alors que ses amies avant elle n'ont pas donné le moindre de signe de résistance. 

Le prologue est intéressant: il remonte dans le passé de deux petites filles vivant avec une mère dont les difficultés psychologiques sont indéniables. Aucun doute sur le fait qu'il y ait un rapport avec Charlie mais les indices sont faibles et on garde en tête quelques hypothèses. 

D.D. Warren est surprise par la demande de Charlie et sceptique aussi. Même si les circonstances sont en effet assez étranges et les coïncidences avérées, comment commencer une enquête sur un meurtre qui n'a pas encore eu lieu? Elle est soupçonneuse également. Que faisait Charlie pas loin de la scène de crime, comment était-elle au courant. Y aurait-il un lien entre les meurtres de pédophiles et l'histoire de Charlie? Des questions, sans cesse, auxquelles D.D. veut répondre. Elle entame donc quelques recherches et se penche sérieusement sur le cas de Charlie. 

Je n'ai pas toujours été super fan des thrillers de Lisa Gardner, certains m'ont laissé de marbre mais les deux derniers que j'ai pu lire, dont celui-ci, m'ont plutôt emballés. D.D. Warren m'avait un peu agacée précédemment, lors de sa grossesse mais je me suis réconciliée avec elle et il faut dire que c'est un bon flic. 
L'intrigue a vraiment suscité mon intérêt et je l'ai lu comme j'aurai mangé un paquet de gâteaux au chocolat, sans pouvoir m'arrêter, allant jusqu'à l'écoeurement. Attention spoil: on se doute bien que Charlie ne va pas mourir (ben oui quoi, c'est l'héroïne, les héros ne meurent pas!). On s'entraîne avec elle, afin d'être prêtes pour l'affrontement avec le tueur. Mais qui peut bien être ce tueur? Franchement, je n'ai pas eu de soupçons (enfin un peu mais sans conviction). Pourtant, on sait bien qu'il faut chercher parmi les personnages. On n'a jamais vu "Alfred" débarquer à la dernière page comme un cheveu sur la soupe. 

Un bon thriller, bien ficelé. Un dénouement qui nous fait comprendre l'origine des premières pages. Contrairement à d'autres lecteurs (notamment mon mari) qui cherchent à être surpris, ce que j'attends d'un roman policier c'est la tension, le rythme (même lent), les recherches, les questions et les réponses. Je veux être intriguée, captivée, manipulée. Je veux voir se tisser les liens au cours de ma lecture, je veux comprendre. 

J'ai compris. Et j'ai passé un super moment. 

Enjoy!



Lu dans le cadre du Challenge Thriller et Polar 


et du Challenge 1 pavé par mois (595 pages)





vendredi 11 août 2017

L'oiseau de mauvais augure

L'inspecteur Patrick Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n'a pas une minute à lui. La ville de Tanumshede s'apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hannah Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D'autant qu'une femme vient d'être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrick un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d'un fait divers banal ou macabre mise en scène? Un sombre pressentiment s'empare de l'inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s'emballe. L'émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge...
Dans ce quatrième volet des aventures d'Erica Falck, Camilla Läckberg tisse avec brio l'écheveau d'une intrigue palpitante. Cueilli par un dénouement saisissant, le lecteur en redemande. 



C'est toujours un plaisir de commencer une nouvelle aventure de Patrick et Erica. 
Je suis maintenant très attaché aux personnages: Anna, Dan, Martin, Annicka...même Gösta commence à être intéressant! Ah, et Mellberg...pauvre Mellberg. 

Habituée au schéma propre de Camilla Läckberg, introduire des morceaux d'une histoire passée il y a plusieurs années, je cherche à présent des indices dans ces quelques pages semées ici et là entre les chapitres. Mais ce n'est pas si évident à déchiffrer, ces pages sont comme une énigme : on sait qu'elles correspondent à un des personnages de l'histoire mais il n'est pas facile de savoir lequel (et heureusement). 

Dans cette nouvelle enquête, une femme, Marit, est retrouvée morte dans sa voiture. Cela aurait pu être classé dans les accidents dus à l'alcool mais comme à son habitude, Patrick ne laisse rien au hasard et finalement, cet accident ressemble plus à un meurtre déguisé. Mais les indices pour trouver un éventuel suspect sont minces. Marit n'avait pas d'ennemis, seul son ex-mari, Ola, fait partie des personnes avec qui elle a eu des différends. 
Mais grâce à se mémoire infaillible, Patrick va rechercher dans les archives un accident du même genre que celui de Marit...et mettre ainsi à jour des similitudes avec plusieurs accidents de voiture. Mais quel est le lien? 

Encore une enquête rudement bien menée. Je ne me lasse pas de cette série. J'aime de plus en plus les personnages, comme je le disais plus haut. En revanche, je n'ai pas trop compris l'émission de téléréalité : pas beaucoup de participants, logés dans foyer cantonal...loin de nos émissions françaises telles que secret story ou star academy. En tous cas, cela a eu le mérite de souligner l'inutilité et la futilité de ce genre d'émission. 

Concernant le coupable, je n'ai pas eu de soupçons. Je me doutais qu'un des personnages avait des secrets mais j'étais loin d'imaginer lesquels. Et puis je pensais que le personnage allait devenir important donc je n'ai pas pensé un seul instant à un tel dénouement.  

Le roman se termine par le début d'une énigme dont je me réjouis d'avance de la lecture : Erica revient-elle sur le devant de la scène (comme dans La princesse des glaces?). 


Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar


Et du Défi Lecture 2017, Catégorie 74. Un titre imagé


jeudi 10 août 2017

Glacé

Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d'une journée glaciale de décembre, les ouvriers d'une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d'un cheval, accroché à la falaise. Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.
Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l'enquête la plus étrange de toute sa carrière.


Après l'avoir vu passé énormément de fois sur internet et sachant qu'il y a eu une adaptation à la télé (a priori sans succès), je me suis décidée à le lire. 

Le commandant Servaz est appelé dans les Pyrénées pour le meurtre d'un ...cheval! Il n'en croit pas ses oreilles, l'appeler pour un cheval, sérieusement, ils ont perdu les pédales ou quoi? Il n'en croit pas non plus ses yeux: le crime est sauvage et abominable. Il est arrivé ici, et il n'a pas le choix, il doit enquêter. Il s'avère que le cheval appartient à un gros "poisson" de la région, il se doit d'avoir des résultats rapidement. Il commence donc ses interrogatoires avec sa coéquipière locale, Irène Ziegler.
En même temps, Diane Berg vient de débuter dans son nouvel emploi, en tant que psychologue à l'Institut Wargnier, où séjournent les pires criminels. Seule dans cet environnement inconnu, son adaptation est difficile. D'autant plus qu'il se passe ici des choses étranges...Elle aussi commence à enquêter...sur ses collègues!

Je dois dire qu'au début, j'ai eu du mal à savoir où il voulait en venir, Bernard Minier, avec son histoire de cheval. Et puis, l'enquête avance et amène de nouvelles questions, des recoupements avec d'autres affaires, d'autres cadavres...de nouveaux personnages aussi, parfois trop, je me suis perdue à un moment donné entre les noms du pharmacien, du maire, des femmes de l'un et de l'autre, etc. 
On suit l'enquête de Servaz en parallèle de la vie de Diane à l'Institut. Bizarrement, ils ne se rencontrent jamais alors qu'ils auraient tant de choses à se dire, c'est frustrant! Et ça aurait mené la fin du livre beaucoup trop vite aussi. 

"Glacé" porte bien son nom. D'une, il fait froid tout le temps. De deux, l'ambiance où Diane vit et travaille est sombre, inquiétante et...glacée! Il faut absolument lire ce livre au chaud sous sa couette sous peine de tomber en hypothermie! 

Ce thriller est très bien mené: l'enquête avance pas à pas. Certes, ça n'avance pas vite, ce qui pourrait être un reproche. Or, ce n'est pas le cas. On a le temps de suivre le cheminement, de comprendre ce qui se passe, car il y a beaucoup d'informations (étant donné le nombre de personnages et d'enquêtes "parallèles"). 

Mon petit bémol parce que oui, j'ai souvent un petit bémol: le coupable. Je l'ai senti à dix kilomètres. Je n'étais pas du tout sûre de moi mais le personnage était trop louche à mon gôut. Même si on veut nous faire croire le contraire en apportant un autre suspect sur un plateau...

En bref, mon sentiment c'est : "pas mal". Mais je n'ai pas eu le coup de coeur comme certains et d'autres policiers ont retenu mon attention beaucoup plus que celui-ci. 



Lu dans le cadre du challenge pavé par mois (725 pages)


et du Challenge thriller et polar


et du Défi Lecture 2017, Catégorie 3. Lire un livre dont vous avez beaucoup entendu parlé.

lundi 7 août 2017

Des souris et des hommes

Lennie serra les doigts, se cramponna aux cheveux.
-Lâche-moi; cria-t-elle. Mais lâche-moi donc.
Lennie était affolé. Son visage se contractait. Elle se mit à hurler et, de l'autre main, il lui couvrit la bouche et le nez.
-Non, j'vous en prie, supplia-t-il. Oh, j'vous en prie, ne faîtes pas ça. Georges se fâcherait.
Elle se débattait vigoureusement sous ses mains...
-Oh, je vous en prie, ne faites pas ça, supplia-t-il. Georges va dire que j'ai encore fait quelque chose de mal. Il m'laissera pas soigner les lapins.



Mais pourquoi donc ai-je mis aussi longtemps avant de me décider à le lire!
J'avais peur sans doute. Peur de m'ennuyer, pas attirée par une histoire de deux hommes marchant et travaillant dans la campagne américaine. Peur de vivre un moment monotone de lecture en me disant "mais quand est-ce que c'est fini?". Peur que cela soit hyper chiant allons-y carrément.

Que nenni. Ce livre, assez court, est finalement incroyable. Bon, j'ai lu la préface donc j'espère ne pas être trop influencée par mes souvenirs de celle-ci...
Georges et Lennie, un petit et un grand. Un homme intelligent et raisonnable et un homme aux capacités intellectuelles altérées, spontané, tellement adorable.
Lennie a peur de perdre Georges, son seul ami. Et Georges ne veut pas perdre Lennie non plus. Ensemble, ils rêvent d'avoir une ferme avec plein d'animaux à soigner, des champs et une vie à eux, indépendants, tributaires de personne. En attendant, il faut travailler chez les autres pour gagner l'argent afin d'acheter leur ferme.

Atteindre leur but n'est pas si simple. Ils ne restent en général pas longtemps dans un lieu car le comportement de Lennie leur cause des problèmes. Lennie est un homme très fort malgré son esprit enfantin. Si Georges est menacé d'une façon ou d'une autre, Lennie réagit violemment, sans s'en rendre compte... De même, Lennie ne réfléchit pas beaucoup, il suit ses envies et aiment les choses simplement. Il aime les belles couleurs, la douceur de certaines textures, les animaux...et cela lui suffit pour vivre heureux. Malheureusement, même caresser un chien peut mal se terminer.

Georges s'est donné le but de protéger Lennie et Lennie, celui de bien écouter Georges pour que tout se passe bien. Hélas, c'est plus facile à dire qu'à faire. 

Deux personnages très attachants, surtout Lennie que l'on a tout de suite envie de protéger nous aussi. Le handicap de Lennie devait être très difficile à vivre à cette époque, non reconnu et plutôt repoussant. Leur place n'était sûrement pas au travail! Pourtant, Lennie travaille bien, notamment grâce à son incroyable force physique. Et c'est grâce à Georges qu'il peut vivre une vie plus ou moins "normale". 
Le texte de Steinbeck est écrit de telle sorte que l'on ressent toute l'affection de Georges pour son ami, dans ses gestes et ses paroles protectrices. La façon dont il lui raconte ce qu'ils feront tous les deux dans leur future ferme, l'histoire préférée de Lennie, est extrêmement émouvante. Tout est simple dans ce récit: l'histoire en elle-même n'a rien d'intriguant, de mystérieux; les dialogues, prononcés par des travailleurs américains, des personnes simples; les sentiments, n'importe lesquels, qui ne sont pas cachés, qui sont bruts et sans ambiguïté.

C'est un texte devant lequel j'ai eu les larmes aux yeux en tournant la dernière page. Mon seul regret, c'est de ne pas l'avoir lu plus tôt!

Lu dans le cadre du challenge des 100 livres



Catégorie  55 du Défi Lecture 2017: Un livre préfacé par quelqu'un d'autre que l'auteur

mercredi 2 août 2017

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une


Mon avis sur cet ouvrage est sur mon autre blog : ici 

à bientôt! 

Lu dans le cadre du Défi Lecture 2017, Catégorie 26 : Un feel good book

La scène des souvenirs

Suffolk, 2011. La célèbre actrice Laurel Nicolson se rend au chevet de sa mère mourante. Alors qu'elles parcourent ensemble un album de...