dimanche 14 janvier 2018

Rompre le silence

En 1997, Robert Lubish vide la villa familiale à la suite du décès de son père, un riche industriel qui a fait fortune dans les années d'après-guerre. Parmi ses papiers, il trouve une carte d'identité SS au nom d'un inconnu et la photographie d'une très belle femme. Quel est le rapport avec son père? Lui, l'homme si parfait, si lisse, avait-il des secrets à cacher? Au fil de ses recherches, Robert sent qu'il a réveillé un démon assoupi depuis la guerre et que l'histoire de son père est bien plus trouble qu'il a toujours pensé.
Sans clichés ni leçons d'histoire, un polar passionnant qui évoque l'influence et les dégâts du national-socialisme sur un groupe de jeunes adultes pris dans la tourmente de l'Histoire.


Quand Robert Lubish décide de se rendre à Kranenburg, il s'agit de simple curiosité. Il souhaite connaître le nom de la femme sur la photo et comprendre pourquoi son père a gardé cette photo pendant de si nombreuses années. Cette curiosité va l'amener jusqu'à Rita Albers, une journaliste louant la petite maison qui appartenait à la femme de la photo, Thérèse. L'intérêt de Rita va s'éveiller et sa formation de journaliste va la pousser à enquêter. Mais ce qu'elle va trouver va la conduire sur un chemin dangereux. Et Robert pense qu'il devrait en rester là. Mais le désir de savoir va être plus fort.

Dans ce roman, on voyage entre deux époques: celle de 1998 et celle de la guerre. Les évènements du présent sont expliqués au fur et à mesure des souvenirs qui remontent du passé, des faits auxquels on ne s'attend pas le plus souvent.
Thérèse était une jolie jeune fille, élevée par une mère aimante et un père anti-nazi. Elle vivait dans le petit village de Kranenburg avec sa bande de copains. Une bande de copains qui ont fait le voeu de toujours rester ensemble, quoiqu'il arrive, serment que la guerre va s'empresser de rompre. On découvre alors, malgré une amitié sincère, des trahisons mortelles, des amours cachés qui ne survivront pas aux dénonciations, des vies détruites au nom de la patrie. 
Et Robert, qui va découvrir l'incroyable vérité du passé de son père. 

Un court roman tout en rebondissements. Une histoire passionnante que l'on termine en peu de temps. Même si le personnage de Robert est un peu "gentillet", et c'est peut-être d'ailleurs ce qui fait son petit charme, lui l'homme sans histoires qui mène une vie tranquille et qui devient l'homme à l'histoire invraisemblable...
L'histoire de cette bande de copains de Kranenburg est captivante. Les émotions se multiplient: haine, amour, courage, culpabilité, peur, jalousie...En tant que lecteurs, nous sommes parfois révoltés par certains comportements jugés inadmissibles. Mais il faut savoir se remettre dans le contexte: et nous, qu'aurions-nous fait à leur place? 

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar


jeudi 4 janvier 2018

La vérité à propos d'Alice

Angleterre, 1821. En épousant Richard, Rachel Crofton croyait enfin échapper à son destin de gouvernante. Mais derrière le commerçant affable se cache un homme colérique et opportuniste...Pour tromper l'ennui, Rachel accepte la proposition de lady Alleyn de lui faire rencontrer son fils reclus, Jonathan, vétéran de la guerre d'Espagne. Dès sa première visite, Rachel comprend que les apparences masquent de profondes failles: pourquoi Jonathan réagit-il si vivement à sa vue? Qui était Alice, sa fiancée disparue et à qui Rachel ressemble si fortement?
Décidée à percer le secret de la maison Alleyn, Rachel n'a bientôt plus qu'une idée en tête: découvrir la vérité à propos d'Alice...


Pour commencer, je trouve que la quatrième de couverture n'est pas très bien écrite: d'accord, Rachel est un personnage important du roman mais pour moi, les deux personnages forts sont Alice et Starling (que cette quatrième ne mentionne même pas). 

Tout commence avec la rencontre d'Alice et Starling. Starling, cette enfant surgit de nulle part, en guenilles et les cheveux plein de poux, qu'Alice va prendre sous son aile jusqu'à sa disparition. C'est une relation sincère et aimante qui se crée, chacune considérant l'autre comme sa soeur, une relation forte et solide. 
Puis Alice disparaît mystérieusement...soi-disant avec un homme alors qu'elle voulait épouser Jonathan Alleyn, celui qu'elle aime depuis toujours.

Rachel Crofton, elle, vit comme gouvernante à la campagne jusqu'à sa rencontre avec Richard qui lui fait la cour. Elle accepte finalement de l'épouser et va s'installer avec lui en ville. Une ville qu'elle connaissait bien dans son enfance, ces jours heureux aujourd'hui enfouis dans le passé. La maison de Richard est petite, sombre et froide, bien loin du petit cocon des jeunes mariés. 
Heureusement, elle va faire la rencontre de deux charmantes personnes à Bath, avec lesquels elle pourra se distraire momentanément. Et bien sûr, elle va rencontrer l'épatante Mrs Alleyn et son fils, Jonathan. 

Jonathan n'est plus lui-même depuis la disparition d'Alice et depuis la guerre. Il ne sort plus de ses appartements, boit beaucoup, tout le monde le croit devenu dément. Et surtout, quelqu'un lui en veut beaucoup...Quelqu'un qui était très proche d'Alice et qui le croit responsable de sa disparition. C'est d'ailleurs cette personne qui va mettre Rachel sur le chemin de Jonathan. 

Deuxième roman de Katherine Webb que je lis et je n'ai pas été déçue. Il me fait penser à du Kate Morton: la campagne anglaise, les feed-back, les secrets, les mensonges...C'est un peu le même topo et ça fonctionne plutôt bien. 

Rachel fait un peu nunuche au début mais elle est tellement généreuse et pas gâtée par la vie qu'on se prend d'affection pour elle (je suis trop empathique). 
Alice a le rôle rêvé: elle a disparu donc elle est idolâtrée. Et qu'elle était belle, et qu'elle était gentille, et qu'elle était ceci, et qu'elle était cela...mais non, elle n'a jamais pu partir avec un autre homme, non elle n'aurait pas pu faire ça. 
Mais mon personnage préféré, c'est Starling: celle qui vient de nulle part, qui ne sait pas qui elle est mais qui vit pour une chose, trouver la vérité sur Alice (enfin plutôt, faire avouer le meurtre d'Alice par Jonathan). Un personnage aux multiples facettes, douce et innocente, machiavélique et démoniaque, volage et intrépide, généreuse et aimante...

Le mystère autour d'Alice est entier: partie avec un homme ou pas? Morte ou pas? 
Je vous laisse le découvrir.

XXX

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois (667 pages)



mercredi 3 janvier 2018

Nymphéas noirs

Le jour paraît sur Giverny.
Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes...Des silhouettes et des vies. Deux femmes en particulier, se détachent: l'une, les yeux couleur nymphéa, rêve d'amour et d'évasion; l'autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au coeur d'un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé...


Nymphéas noirs, c'est d'abord une belle couverture. C'est déjà bien...

J'ai déjà lu plusieurs livres de Michel Bussi et je trouve que celui-ci est légèrement différent des autres. J'y ai trouvé l'atmosphère un peu "vieillotte". N'y voyez pas un commentaire négatif mais plus un ressenti. Cela du fait de la temporalité du roman. Je ne voudrais pas trop en dire car en précisant trop de faits, j'ai un peu peur de dévoiler les secrets de ce roman. 

La vieille dame qui raconte cette histoire vit dans un moulin qui borde le village de Giverny. Elle est assez mystérieuse et d'ailleurs on la prend souvent pour une "sorcière" mais elle a beaucoup d'humour. Et surtout, chez elle, se trouve un fabuleux tableau. Celui que tout le monde cherche. Mais personne n'ose aller chez la vieille dame. 

Stéphanie est la maîtresse de l'école. Elle est jeune et jolie et son charme se répand un peu partout: surtout sur le nouveau flic, celui qui vient enquêter au village. Elle initie celui-ci aux plaisirs de la lecture: Aurélien de Louis Aragon, tient une place importante dans ce roman (il faudra d'ailleurs que je le lise).

Fanette est une fillette qui vit seule avec sa mère. Elle est passionnée de peinture et participe à un grand concours international. Mais un terrible drame attend son heure...

Trois portraits de femmes entremêlés: toutes différentes, elles sont pourtant étroitement liées.

J'étais un peu perdue parfois dans ce roman: entre les personnages et les faits. Puis tout s'est éclairé au dénouement et je me suis dit: quel génie! Oui, ça y est, maintenant je comprends...et de faire tous ces rapprochements que je n'avais pu faire alors. 

Le lieu de l'intrigue est bien sûr sublime. On imagine parfaitement l'abondance de fleurs, le calme apparent perturbé par tous les touristes, un petit village charmant et paisible. Cela donne même envie d'y aller (avec un bouquin d'Aragon du coup!). 

Ce n'est pas un coup de coeur non plus (l'ambiance m'a un peu dérangée, c'était assez étrange, comme une impression d'arriver - pardonnez-moi l'expression- chez des ploucs). 

Hop hop hop, une page au hasard...page 205, extrait: "L'agent Ludovic Maury a écouté les injonctions musclées de son supérieur avec l'attention lassée d'un footballeur remplaçant dans un vestiaire. Le soleil dans son dos est en train de lui rôtir la nuque. Pendant le brainstorming, il a détaillé une nouvelle fois les photographies de la scène de crime étalées devant lui: le ruisseau, le pont, le lavoir. Le corps de Jérôme Morval, les pieds sur les berges et la tête dans l'eau."

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar



mardi 2 janvier 2018

Top 5

2017 est terminée...voici l'heure du bilan, en cinq livres.

Mes livres préférés lus en 2017.

Un auteur incontournable dans ma PAL: Agnès Martin-Lugand

J'ai toujours cette musique dans ma tête



Un classique que je n'avais encore jamais lu! 

Des souris et des hommes



Un début en science-fiction pour moi (et ce n'est pourtant pas ma tasse de thé!):

Les âmes vagabondes



Un beau roman se déroulant durant la seconde guerre mondiale


Et un autre, pas encore chroniqué, qui raconte la vie de Daphné du Maurier: Manderley For Ever.



Et vous, quels ont été vos coups de coeur cette année?

Je vous souhaite de belles lectures pour 2018! 

lundi 1 janvier 2018

Les courses

Depuis le départ de sa femme, après dix-huit ans d'un mariage calamiteux, Walt, la cinquantaine légèrement bedonnante, vit seul. Pas d'amis, pas de vie sociale. Ce qu'il aime: déambuler la nuit dans les rues de sa ville et, de temps en temps, aller à la pêche dans des coins isolés. 
Walt est aussi collectionneur, quoique d'un genre particulier: agent d'entretien dans un supermarché, il récolte les listes de courses que les clients jettent dès les caisses passées. C'est devenu un hobby: ramasser ces listes et essayer de se faire une idée de la vie de leurs propriétaires. Ensuite, il aime bien vérifier s'il est tombé juste, et va jusqu'à s'introduire en douce chez ceux qui ont éveillé sa curiosité...
Walt a-t-il seulement une petite manie inquiétante mais inoffensive? Ou serait-il à l'origine de la disparition de plusieurs femmes de la région? 


Pour moi, la couverture de ce livre promettait beaucoup. Je m'attendais à un thriller digne de ce nom, surtout un thriller psychologique avec un psychopathe aux lourds problèmes psychiques (bon, peut-être pas jusque là mais bon...). En fait, je m'attendais à beaucoup plus que ce que j'ai lu.
Je n'ai pas ressenti l'attente, le suspens d'un thriller. Même l'intrigue qui paraissait intéressante en lisant la quatrième, s'est vite essoufflée.

En apparence, Walt est une personne qu'on ne remarque pas. Et il le dit bien. Personne ne remarque sa présence, jamais. C'est aussi pour cela que tout est plus facile pour lui. Il est très solitaire, ne voit plus personne depuis que sa femme est partie. D'ailleurs, est-elle vraiment partie de son plein gré ou bien a-t-elle été tuée? On peut même avoir un peu pitié de lui quand on voit sa vie si morne, si dénuée de sens. Il a de quoi nous mettre le moral dans les chaussettes vite fait. Pas étonnant qu'il se raccroche à n'importe quoi, comme sa collection de listes de courses. Ce n'est d'ailleurs pas inintéressant ce qu'il en fait: essayer de déduire la personnalité des gens à travers ce qu'ils mangent. Et il est même plutôt doué pour cela! Au final, je l'aimais plutôt bien Walt et je n'avais pas vraiment envie qu'il soit coupable de ce dont on l'accusait. Il paraissait gentil (c'est d'ailleurs comme ça qu'ils ont les vrais psychopathes!) et plutôt soucieux des jeunes femmes qu'il allait "voir". Il était attentionné, prévenant...enfin, on voyait que ce qu'on nous donnait à voir. Il y a très peu de détails sur le véritable sort des victimes, mis à part une.

Je peux peut-être oser dire qu'il y avait une part de tension psychologique mais bon, ce n'était pas flagrant. Le personnage de Walt, central, est plutôt bien mené. Heureusement car les autres personnages sont complètement vides. Les flics qui enquêtent sont chiants et mous. En fait, il n'y a pas d'action dans ce livre ou très peu. En contrepartie, le côté psychologique n'est pas assez présent, pas suffisamment lourd. Pas de suspense, pas de tension. C'est juste une histoire qui se passe, dans une ville, avec quelques personnages, et puis voilà...

Je suis un peu déçue. Cela aurait pu être tellement mieux!

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar



Sharko

Eux, c'est Lucie Hennebelle et Franck Sharko, flics au 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons.
Lucie n'a pas eu le choix: en-dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu: pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d'être confiée au 36, car l'homme abattu n'avait semble-t-il rien d'un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure.
Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l'enquête et s'enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu'à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu'ils s'étaient efforcés de bâtir. 




Comme à chaque fois, je suis impatiente de découvrir ce que nous a concocté Franck Thilliez. Même si je commençais à être lassé avec Angor et Pandemia, j'étais contente de retrouver Sharko et Hennebelle. 
Tout commence par le récit d'un accident à l'aquarium de Brest: un homme se fait dévorer par un requin. 
Quelques mois plus tard, la tante de Lucie lui transmet un dossier non élucidé d'Anatole, l'oncle policier de Lucie. C'est ainsi que cette dernière se retrouve un soir dans la maison d'un homme, dans laquelle elle découvre des horreurs avant de tirer à bout portant sur lui. Sous le choc, Lucie ne peut plus réfléchir et Franck vient à son secours: sachant ce que les flics vont chercher, il se démène pour qu'aucun indice ne puisse mettre sa chère Lucie en cause et se débrouille pour récupérer l'enquête.
C'est ainsi que les deux flics vont enquêter sur leur propre crime.

Je dois dire que c'est cela qui m'a mis l'eau à la bouche et m'a tenue en haleine. Ce que je voulais savoir, c'est comment cela allait se terminer pour eux. Au final, l'enquête en elle-même, le pourquoi du comment, cela passait au second plan. J'étais focalisée sur Nicolas Bellanger:  Nicolas, le pote de Franck, qui est en déprime totale depuis la mort (atroce) de sa fiancée Camille. Mais il a beau être en déprime et complètement drogué, il n'en a pas pour autant perdu sa vivacité d'esprit et son intuition de flic. Il se doute de quelque chose. Au fond de lui, il sait. Et Franck sait qu'il sait et qu'il peut dès lors tout faire capoter. 
Bon alors, à votre avis, happy end ou pas pour Franck et Lucie?

Mis à part MON intrigue principale, je vais quand même vous dire de quoi cela parle un peu. En bref: d' accidents étranges, de notion de peur, de sangsues, de vampires, de poches de sang... Une enquête bien à la Thilliez en somme. 

Un extrait d'une page au hasard... attention, roulement de tambour, j'ouvre au hasard: page 336.

"La multiplication des galeries incita les hommes à se disperser. Ils gardèrent contact par radio. Le groupe Manien se scinda lui-même en deux. Lucie, Franck et Nicolas restèrent ensemble, armes au poing. De l'eau suintait du plafond. À travers les faisceaux des lampes, les gouttes roulaient, grises et sombres, chargées de matières organiques. Les grosses arches en pierre donnaient l'impression qu'elles pouvaient s'écrouler à tout moment."

C'est toujours un plaisir de lire cet auteur, même si ce n'est plus la passion du début.

Lu dans le cadre du challenge Thriller et Polar



et du challenge 1 pavé par mois (568 pages)


jeudi 30 novembre 2017

De pourpre et de soie

Londres, 1939. Quand Ada commence à travailler au sein d'un atelier de mode de Dover Street, la belle jeune femme rêve d'une carrière dans la haute couture, et d'échapper ainsi à l'atmosphère familiale pesante. Impossible alors de résister à l'énigmatique Stanislaus von Lieben, un gentleman entreprenant qui lui propose un voyage à Paris. Mais, à la fin de leur séjour, la nouvelle tombe: le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre à l'Allemagne. 
De 1939 à 1948, de la splendeur du Savoy aux ombres du camp de concentration de Dachau, entre passion, drame et désespoir, Ada tentera de survivre à l'enfer. 


Encore un livre qui parle de la guerre...et encore un livre différent.
Ada est jeune et belle, elle habite dans l'effervescente capitale londonienne et rêve de devenir la nouvelle Coco Chanel. Issue d'un milieu modeste, elle aime s'habiller élégamment grâce à des jolies tenues qu'elle confectionne elle-même. Le leurre marche plutôt bien puisque un bel homme la courtise et lui promet monts et merveilles. Sous le charme, Ada accepte d'aller avec lui à Paris pour une semaine, sans prévenir personne, hormis sa patronne à qui elle promet de lui ramener de beaux tissus. Malheureusement, la guerre éclate pendant leur séjour et Ada et Stanislaus ne peuvent plus rentrer à Londres. Obligés de fuir, ils tentent de passer en Belgique. Stanislaus n'est plus tout à fait le même, l'élégant et courtois gentilhomme devient nerveux et parfois agressif. 
En Belgique, Ada se retrouve seule. Et c'est le début d'un enfer de plusieurs années.
Déportée à Dachau au service du commandant de camp, elle s'adonne à sa passion, la couture, en confectionnant des robes pour des femmes allemandes. Mais ce qui était une passion devient une tâche pénible. Travaillant jour et nuit, dans le froid, la solitude et la saleté, elle n'y croit plus quand les américains viennent la secourir.
Je ne vais pas aller jusqu'à raconter la fin et j'ai omis beaucoup de détails...(ouf).

Un roman que j'ai dévoré. Prise moi-aussi dans les filets du beau Stanislaus, au prénom si exotique, je m'en suis vite éloigné, prise d'une méfiance voire d'un dégoût absolu. Assez surprise aussi de le voir disparaître comme cela, une nuit en Belgique, alors qu'il avait l'air d'avoir tant de secrets! (Mais quelques années plus tard, Ada croit l'apercevoir dans une rue...)
Le point de vue du camp de concentration est assez différent de ce qu'on peut lire habituellement mais le ressenti est malgré tout le même. On en cerne tout autant l"horreur et l'inhumanité de ce genre d'endroit. 
Sa relation avec sa "patronne" allemande à Dachau est celle d'un maître et de son esclave. Ada est traitée comme une moins que rien, une pestiférée. Je me dis que c'est impossible de traiter les gens comme cela. Il s'agit d'une femme face à une autre femme, un être humain face à un autre. Et pourtant, ce genre de comportement  a existé. C'est toujours aussi révoltant. 
J'avais du mal à croire en un happy end même si je pouvais aisément en imaginer un. Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai pleuré. J'ai pleuré de tant d'injustice, de tant d'émotions portées tout au long de ma lecture, de tant de haine et de chagrin, de vies dévastées. 
Je me suis laissée avoir, n'ayant rien vu venir de ce qui allait se passer. Je suis tombée de haut en découvrant la vérité. Et j'aime ça.
Bravo à Mary Chamberlain pour ce roman plein d'émotions mêlées.


Lu dans le cadre du Challenge 1 pavé par mois (433 pages)



Rompre le silence

En 1997, Robert Lubish vide la villa familiale à la suite du décès de son père, un riche industriel qui a fait fortune dans les années d...